La restructuration de Belvédère est entre les mains de ses actionnaires
L’apurement du passif de Belvédère est désormais suspendu au vote des actionnaires. Ils devront se prononcer à la majorité des deux tiers lors de la prochaine AG, qui devra se réunir au plus tard le 20 mars 2013. La date n’a pas encore été fixée. Avec plus de 80% de flottant, il est difficile de connaître l’issue de ce vote. D’autant que l’Association pour la représentation des actionnaires révoltés (Arare) de Nicolas Miguet aura son mot à dire. Lors de l’AG de juin dernier, l’Arare pesait 31% du capital et des droits de vote.
En attendant, les porteurs obligataires ont voté à 91% le plan de restructuration financière. Le comité des établissements de crédit et celui des fournisseurs (essentiellement Bruce Willis) l’ont également adopté.
Toutefois, ce plan reste conditionné à la cession d’actifs, attendue depuis des mois. L’approbation de l’apurement du passif devrait permettre d’accélérer le processus de vente, voire de relever les prix.
Si le produit net des cessions atteint 310 millions d’euros, les porteurs FRN, créanciers à hauteur de 478 millions d’euros, recevront cette somme et le solde sera converti en capital, leur donnant 55% du capital restructuré. Si les ventes d’actifs rapportent davantage, le solde sera également converti en capital, donnant aux créanciers FRN de 0 à 55% du capital. Si les cessions rapportent de 275 à 310 millions d’euros, les porteurs FRN devront décider à la majorité simple le remboursement de la créance, tandis que le solde sera converti en capital.
En revanche, si le programme de cessions ne se réalise pas, notamment en raison d’offres jugées insuffisantes par Belvédère, 100% de la créance FRN sera convertie en 87% du capital restructuré de Belvédère.
Pour leur part, «des porteurs d’obligations A ont déjà commencé à contester le plan d’apurement du passif devant le Tribunal de commerce de Dijon, confie Alexandre Lochner, représentant de la masse des obligataires A. Notre situation est pire que si nous étions des actionnaires, or nous avons un rang de priorité sur eux comme obligataire. Nous ne pouvons accepter ce plan – élaborée sans nous – qui ne nous laisse qu’un infime pourcentage du capital du groupe restructuré alors que les actionnaires auront 13%. Nous demandons que les porteurs d’Obligation A reçoivent des actions et au pire des BSA immédiatement exerçables – et non en 2014 comme le propose le plan – avec un prix d’exercice dans la monnaie».
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