La reprise de la SNCM risque de peser sur la restructuration de Veolia
Veolia Environnement s’embourbe dans le dossier Transdev. Si le mois dernier, Antoine Frérot, PDG du groupe de services aux collectivités, se félicitait de l’entrée en négociations exclusives avec un fonds pour la cession progressive de ses 50% de Veolia Transdev, espérant une conclusion à la fin de l’été, les discussions semblent plus âpres que prévu.
En effet, le possible repreneur ‑Cube Infrastructure (Natixis) selon Les Echos‑ semble refuser de reprendre la SNCM. Aussi, Veolia a annoncé hier qu’il discutait avec la CDC, son partenaire au capital de Veolia Transdev, du transfert des 66% de la SNCM détenus par Veolia Transdev, à Veolia Environnement. Un projet «cohérent avec la volonté de mettre en œuvre avec détermination la plan stratégique de Veolia Environnement», précise le groupe. Mais une reprise qui ne va pas aider la restructuration du groupe et que les investisseurs n’apprécient guère. L’action cédait hier plus de 5% à 11,3 euros, et plus de 8% sur les cinq dernières séances (contre -3,4% pour le CAC 40). «On a le sentiment que les cessions ne vont pas se faire aussi facilement que cela, que tout n’est pas si rose et que les conditions de cession ne seront peut-être pas optimales», explique un analyste.
«Garder le contrôle de la SNCM ne serait pas une bonne chose pour Veolia, surtout que les acheteurs pour cet actif ne sont sans doute pas nombreux, note Oddo. La SNCM perd de l’argent selon nous, et surtout pourrait voir son activité se réduire jusqu’à deux tiers suite à un jugement du tribunal administratif de Marseille qui remet en cause la délégation de service public de continuité territoriale avec la Corse. Une restructuration de l’activité pourrait être nécessaire et serait compliquée à mener.»
Tout dépendra maintenant des négociations avec la Corse pour la desserte avec le continent. Sans compter le risque juridique sur les aides d’Etat attribuées à la compagnie. Une procédure européenne est en cours depuis 2008. Veolia évalue le risque de remboursement à 275 millions d’euros, soit l’intégralité des aides versées hors intérêts moratoires.
Le reste du capital de la SNCM est détenu par l’Etat (25%) et les salariés (9%). En 2010, la compagnie maritime avait enregistré une perte d’exploitation de l’ordre de 15 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 285 millions.
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