La réorganisation du capital d’EADS prend des allures de casse-tête
C’est un EADS au sommet de sa forme, dont Louis Gallois s’apprête à transmettre les rênes mi-2012, vraisemblablement à Tom Enders, le président exécutif d’Airbus. La filiale du groupe d’aéronautique a battu tous les records lors du salon du Bourget qui a fermé ses portes hier. Le constructeur d’avions a engrangé 730 commandes et engagements, pour un montant de 72 milliards de dollars, très loin devant son concurrent américain Boeing.
Compte tenu des délais de fabrication, ces contrats ne contribueront pas aux résultats de 2011. EADS a prévu de dégager cette année un résultat opérationnel du même ordre que celui de 2010, autour de 1,3 milliard d’euros, pour un chiffre d’affaires supérieur aux 45,7 milliards dégagés en 2010. En revanche, l’effet volume commencera à se faire sentir en 2012. Avant même Le Bourget, Louis Gallois, président exécutif d’EADS, avait promis une nette amélioration de la rentabilité du groupe. Le consensus Bloomberg table pour l’instant sur un montant de 2,2 milliards d’euros, en hausse de 70%, mais pourrait être progressivement relevé. La génération de trésorerie devrait dans le même temps de nouveau croître, ajoutant ainsi une couche supplémentaire à la pile de cash disponible (11,9 milliards fin 2010).
Enviable, cette situation efface les déboires financiers engendrés par la difficile naissance de l’A380. Et devrait permettre une passation de pouvoir apaisée. Reste à trouver une solution à l’évolution du capital d’EADS, une structure jugée rigide par Louis Gallois. Daimler ne cache pas depuis quelques mois son envie de vendre sa participation de 15% au capital. A la recherche de fonds, Lagardère se verrait bien également céder ses 7,5%, estimés au cours actuels à 1,37 milliard d’euros.
Mais ces participations, logées dans des holdings communes avec les Etats français (Sogeade) et allemand (Dasa), ne sont qu’indirectes et pas liquides. Leur sortie ne peut donc se faire que par un rachat de leurs parts par la France et l’Allemagne ou par une réorganisation de la cascade de holding. Sachant que le principe de la parité franco-allemande semble immuable, et qu’il n’est pas question qu’EADS devienne opéable. La solution pourrait passer par la constitution d’une fondation de droit néerlandais, le pays statutaire d’EADS. Un système qui empêche les OPA hostiles et qu’a notamment utilisé l’Etat français pour protéger le capital de Renault. L’idée de la «golden share» semble en revanche impossible. Bruxelles a déjà interdit ce schéma en 2008.
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