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La rentabilité des grands laboratoires pharmaceutiques va encore se dégrader
La rentabilité des grands laboratoires pharmaceutiques va encore se dégrader
Les groupes européens devraient afficher une marge opérationnelle de cinq points supérieure à celle de leurs concurrents américains
Publié le
Bruno de Roulhac
Avec la fin de l’ère des blockbusters, la montée en puissance des fabricants de génériques et la difficulté croissante à sortir de nouveaux médicaments, les laboratoires pharmaceutiques voient leur marge opérationnelle continuer à décliner. Elle devrait passer de 27% en 2003 à 20,5% en 2012 (pour les onze premiers groupes mondiaux) selon les anticipations d’Euler Hermes.
Toutefois, les laboratoires européens devraient tirer leur épingle du jeu, avec une marge attendue à 23% en 2012, contre 18% pour les américains, en raison d’une concurrence des génériques beaucoup plus forte aux Etats-Unis (le générique est 73% moins cher que le princeps; l’écart est seulement de 30% en France) et des coûts de restructuration, après les rachats de laboratoires américains au prix fort. Sur 23.000 suppressions de postes anticipées dans le secteur en 2012, Euler Hermes les estime à 20.000 aux Etats-Unis.
En revanche, les biotechs se portent bien mieux outre-Atlantique que sur le Vieux Continent. La filière est bénéficiaire depuis plus de trois ans aux Etats-Unis, alors qu’elle ne parvient toujours pas à l’équilibre en Europe. Les biotechs américaines bénéficient à la fois d’un effet taille, et d’un accès plus facile aux financements. En 2011, les financements (capital-risque, augmentations de capital et introductions en Bourse) atteignaient 22 milliards de dollars aux Etats-Unis, pour seulement 5 milliards en Europe, moins qu’en 2007!
Parallèlement, les six premiers génériqueurs mondiaux (Teva, Mylan, Sandoz, Watson, Ranbaxy et Stada) ont vu leur marge opérationnelle croître de 6% par an depuis 2005. Elle devrait atteindre 15% en 2012 selon Euler Hermes. En 2015, les génériques représenteront 19% du marché pharmaceutique mondial, estimé à 1.048 milliards de dollars, contre 14% en 2010.
Dans ce contexte, les laboratoires cherchent à s’adapter, «avec une R&D en berne, en raison de la multiplication par quatre en quinze ans du coût de revient d’un nouveau médicament et du durcissement sensible des critères d’homologation par les agences de santé», explique Marc Livinec, conseiller sectoriel chez Euler Hermes. Aussi l’assureur-crédit n’exclut-il pas des opérations de concentration en Europe, notamment entre génériqueurs, ou par intégration par les grands laboratoires. Les émergents constituent un relais de croissance, mais à moyen terme. En 2010, un Américain consommait 100 fois plus de médicaments qu’un Indien.
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