La rémunération des dirigeants a été largement débattue en assemblée générale
Alors que la moitié des entreprises des indices CAC 40 et SBF 120 ont tenu leur assemblée générale au titre de l’exercice 2012, l’Institut français des administrateurs (IFA) organisait vendredi un colloque destiné à tirer un bilan provisoire de ces assemblées. Malgré la crise, celles-ci se sont généralement déroulées dans un contexte «relativement serein», a souligné Daniel Lebègue, président de l’IFA.
Bien que certains groupes (Vinci, Carrefour, Accor, Sanofi…) aient connu des débats houleux, 93% des résolutions présentées par les groupes du CAC 40 à la date du 30 mai ont fait l’objet d’un vote positif des actionnaires, soit 5 points de plus que l’an dernier à la même époque. Cette proportion est passée de 89% à 91% pour les entreprises de l’indice Next 80.
Olivier Poupart-Lafarge, membre de l’AMF et de l’ANC, regrette «une baisse de l’actionnariat individuel, à mettre en parallèle avec la stratégie fiscale de l’Etat». Des efforts sont également nécessaires «afin d’apporter aux actionnaires des réponses plus claires sur l’adéquation entre la rémunération de la direction, les résultats et la politique sociale de l’entreprise», ajoute Caroline de la Marnierre, présidente de Capitalcom.
Ce sujet a été particulièrement débattu chez Carrefour, Renault ou Publicis, celui-ci étant jusqu’alors le seul groupe du CAC 40 à avoir adopté un «say on pay» consultatif. En se référant au Royaume-Uni où le vote des actionnaires en la matière est contraignant, Jean-Pierre Hellebuyck, président de la commission de gouvernement d’entreprise de l’AFG, estime que ceci «n’a pas empêché l’inflation des rémunérations des dirigeants». Il déplore en revanche une confusion trop fréquente en France entre les comités de rémunération et de sélection.
Alors que le cumul des fonctions de président et de directeur général concerne 26 groupes du CAC 40 (contre 20 voici deux ans), le règlement des conflits d’intérêts potentiels nécessite la nomination d’un administrateur référent, à même de convoquer un conseil et d’en fixer l’ordre du jour. Concernant le droit de vote double qui augmente le risque d’un contrôle rampant, il peut se justifier par la volonté de privilégier la détention longue de titres par rapport aux actionnaires de court terme. Selon Jean-Pierre Hellebuyck, «les droits de vote multiples sont plutôt bien acceptés en Suède, malgré la dissociation ainsi créée entre pouvoir économique et contrôle du capital».
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