La remise à plat de la division TGV coûte 700 millions d’euros de dépréciations à la SNCF
La SNCF a fêté fin 2011 les «trente glorieuses» du TGV. Quelques mois plus tard, la compagnie ferroviaire déchante. Le groupe de transports a été contraint de déprécier de 700 millions d’euros la valeur de son parc de trains à grande vitesse, provoquant une chute de 82% du bénéfice net annuel à 125 millions d’euros. La valeur de la flotte est ramenée à 4,5 milliards d’euros, pour 457 rames dont l’âge moyen s’élève à 17 ans.
Selon Guillaume Pépy, le PDG de la SNCF, le parc de TGV est vieillissant, surdimensionné par rapport au trafic, et donc pas suffisamment rentable. En 2011, la division «voyages» du groupe, qui comprend l’activité TGV, a dégagé une marge opérationnelle de 14%, 0,6 point de moins qu’un an auparavant, malgré un chiffre d’affaires en hausse de 5,4% à 7,2 milliards d’euros. La marge s’élevait à 15,6% en 2009 et à 21% en 2008. Elle a donc chuté de 7 points en trois ans, alors que dans le même temps le chiffre d’affaires de la division «voyages» est resté stable.
Or, à ce niveau de marge opérationnelle, la direction de la SNCF explique qu’il lui est impossible de rajeunir son parc de TGV. Selon Guillaume Pépy, seul un retour à un taux de 20% permettrait de renouveler les rames. Les commandes de nouveaux trains avaient d’ailleurs été gelées jusqu’en 2015. Hier, le groupe a finalement décidé de relancer les achats de TGV auprès d’Alstom, prétextant la modération des redevances récemment acceptées par Réseau ferré de France entre 2014 et 2018 après l’intervention du gouvernement notamment pour des impératifs «industriels».
La direction de la SNCF espère que cette coûteuse remise à plat de la division TGV réveillera le niveau de marge alors que toutes les autres divisions sont parvenues à améliorer le leur en 2011. En cumulé, le groupe de transport ferroviaire a dégagé un résultat opérationnel de 3 milliards d’euros (+39,6%) pour un chiffre d’affaires en hausse de 7,2% à 32,6 milliards. Sa marge est passée de 7,1% à 9,3%. Le groupe est même parvenu à dégager 261 millions d’euros de cash-flow disponible, après avoir consommé 162 millions en 2010. Et sa dette a été réduite de 170 millions, à 8,3 milliards.
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