La recapitalisation de Peugeot entre dans sa phase active
Peugeot lance sa recapitalisation. Le projet d’augmentation de capital mixte, avec un volet réservé à l’Etat français et à Dongfeng ainsi qu’une attribution de bons de souscription d’actions (BSA), a reçu le visa de l’AMF. L’AG de PSA se prononcera sur le projet le 25 avril. Un troisième volet suivra, passant par une augmentation de capital avec droit préférentiel de souscription de 1,95 milliard d’euros.
L’augmentation de capital réservée, de 1,048 milliard, sera effective le 29 avril. L’investissement de l’Etat, à hauteur de 524 millions, sera réalisé via la Société de gestion de participations aéronautiques. Les BSA seront attribués le 29 avril aux autres actionnaires, à raison de 1 BSA pour 1 action. 10 BSA permettront de souscrire à 3 actions nouvelles, à 7,50 euros par action, au même prix que l’augmentation de capital réservée. Les BSA seront exerçables du 29 avril 2015 au 29 avril 2017 et pourraient rapporter 769,6 millions à PSA. Au total, le constructeur automobile renforcerait ses fonds propres de plus de 3,7 milliards d’euros, soit les trois quarts de sa capitalisation boursière, condition au renouvellement d’une ligne de crédit de 2,7 milliards d’euros dont 2 milliards à 5 ans. Sa taille pourrait être portée à 3 milliards.
Selon Ricol Lasteyrie, l’expert indépendant nommé par le conseil de surveillance de PSA, le «prix de 7,5 euros a été longuement négocié, les discussions ont débuté à 6,8 euros». Il fait ressortir une décote brute de 39% par rapport au cours de clôture précédent l’annonce. Mais en tenant compte de la valeur théorique des BSA (1,05 euro pièce), la décote revient à 8,8% par rapport au cours du 14 février 2014. «Cette dilution doit être appréciée au regard des bénéfices escomptés de l’opération, en particulier les synergies de coûts et l’estimation des redevances supplémentaires qui seront reçues du partenaire pour son accès à la technologie de PSA», indique le rapport.
En contrepartie, PSA va concéder à Dongfeng un accès à ses technologies passées et à venir dites «ready for mass production» c’est-à-dire dans une période comprise entre 6 mois et 1 an avant la mise sur le marché, à condition que PSA en soit propriétaire à 100 %. La concession se fait sous la forme d’une licence mondiale, avec le paiement d’une redevance sur les volumes vendus. La valeur des synergies, sur les dix ans de l’accord, est estimée à un peu plus de 1 milliard d’euros, soit 2,08 euros par action.
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