La prudence des groupes du CAC 40 ne traduit pas un réel pessimisme pour 2012
Prudence, incertitude, manque de visibilité… Depuis l’ouverture de la saison des publications de résultats annuels 2011, les dirigeants des groupes du CAC 40 manquent cruellement d’originalité. Et d’objectifs précis. Sur les 23 sociétés de l’indice à avoir déjà annoncé leurs comptes 2011, hors groupes financiers, seul GDF-Suez s’est aventuré dans l’annonce de prévisions chiffrées. Mal lui en pris. Depuis que le groupe d’énergie s’est engagé le 9 février à dégager cette année un résultat net récurrent compris entre 3,5 et 4 milliards d’euros, son cours de Bourse a chuté de 6% quand le CAC 40 gagnait 1%. Les investisseurs ont immédiatement calculé que cette prévision de bénéfice impliquait un effritement de l’excédent brut d’exploitation.
Le mutisme des dirigeants des grands groupes français ne traduit pas pour autant un réel pessimisme sur l’orientation de leurs résultats cette année. Sans être flamboyants, les comptes 2011 sont dans leur grande majorité conformes aux attentes d’un consensus de bénéfices qui s’était, il est vrai, fortement ajusté à la baisse depuis l’été 2011: -20% pour l’indice DJ Eurostoxx. Mis à part PSA Peugeot Citroën, dans une situation financière préoccupante, aucun des grands groupes du CAC 40 n’a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme pour 2012, la plupart s’engageant sur un maintien de leur niveau de marge.
Le processus d’ajustement à la baisse des prévisions de bénéfices semble même s’essouffler. Aux Etats-Unis, le solde entre révisions à la hausse et dégradations est redevenu positif la semaine du 13 févier, notait récemment Citigroup. En Europe, il est encore négatif (-16%), tout comme au niveau mondial (-9%). Mais si la tendance à l’amélioration se poursuit, les stratèges de la banque n’excluent pas un passage dans le vert du solde en mars.
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