La prudence de l’indien Infosys sème le trouble sur le secteur des SSII
Les résultats sont très mauvais; très, très mauvais. Les prévisions sont particulièrement mauvaises». Telle est la sentence formulée par l’analyste Nimish Joshi de CLSA à Mumbai à la lecture vendredi des résultats annuels d’Infosys à fin mars et des perspectives formulées par le géant indien des services en ingénierie informatique. Alors que le titre de ce dernier a cédé 20,68% en clôture, l’onde de choc s’est répandue aux acteurs du secteur, avec notamment un repli de 4,09% à 34,25 euros de Capgemini à Paris.
Infosys a surtout déçu en dévoilant une prévision de progression de son chiffre d’affaires de 6 à 10% pour l’exercice en cours au 31 mars prochain. Un objectif bien inférieur aux attentes des analystes, qui visaient 12,7% selon le consensus Bloomberg. En cause, selon la SSII indienne, également critiquée pour sa propre stratégie, la morosité économique mondiale. Le directeur général SD Shibulal a eu beau se targuer d’un portefeuille de projets plus prometteur que l’an passé, les commentaires négatifs ont abondé.
D’autant que le directeur financier Rajiv Bansal a concédé que la tarification et les marges devraient rester sous pression à court terme, les clients obnubilés par les coûts tardant à prendre des décisions en faveur des SSII.
Pis, les résultats d’Infosys sur l’exercice écoulé ne sont pas brillants, avec une hausse de 3,4% seulement du résultat net sur le trimestre à fin mars, à 23,9 milliards de roupies (335 millions d’euros) pour un chiffre d’affaires en hausse de 18% à 104,5 milliards. Un gérant indien interrogé par Reuters relevait tout de même que le rétablissement économique aux Etats-Unis et la stabilisation en Europe attendus au second semestre 2013 pourraient «aider un peu» Infosys.
Si Infosys rivalise en Inde avec le numéro un local Tata Consultancy Services, les concurrents évoluent dans un environnement mondial au sein duquel la visibilité semble réduite selon la publication de vendredi.
Le mois dernier déjà, le groupe avait misé sur un repli cette année des dépenses consenties par le secteur des services financiers, qui représentent un quart de son activité. Accenture avait également en mars craint une frilosité croissante de ses clients, surtout en Europe, du fait des incertitudes économiques. Le consultant Gartner mise néanmoins sur une accélération à 4,5% de la croissance des dépenses en services informatiques dans le monde cette année.
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