La privatisation de Royal Mail attire les foules outre-Manche
L’opération semble se dérouler comme une lettre à la poste pour le gouvernement britannique. Ce dernier a lancé vendredi la privatisation de Royal Mail en mettant en vente jusqu’au 8 octobre (pour une première cotation le 11) jusqu’à 70% du capital (y compris option de surallocation et cession aux salariés).
A raison d’un prix indicatif de 260 à 330 pence par action, l’IPO valorise l’opérateur postal jusqu’à 3,3 milliards de livres (3,9 milliards d’euros) et permettra à l’Etat de récolter jusqu’à 2 milliards.
De sources concordantes, l’ensemble des titres proposés dans le cadre de l’offre principale aurait trouvé preneur en quelques heures seulement. Le gouvernement, qui estime que 70% des titres cédés seront acquis par des investisseurs institutionnels, a déjà précisé que le sort du solde de la participation publique au capital de Royal Mail sera décidé plus tard. Par la voix du ministre des Entreprises Michael Fallon, les pouvoirs publics ont reconnu qu’ils ne pourraient pas empêcher une éventuelle prise de contrôle étrangère.
Le succès attendu n’étonne pas Robin Byde chez Cantor Fitzgerald, cité par Reuters. L’analyste souligne que la valorisation d’entrée de l’opérateur britannique est attrayante en comparaison de celles de ses concurrents européens tel le belge Bpost qui a concrétisé son IPO au mois de juin dernier. Si le défi de fond reste pour Royal Mail de faire croître suffisamment son activité de livraison de colis face à la baisse du volume de courrier, l’analyste évalue à deux points la différence de valorisation révélée par le prix d’introduction, à environ 8 fois ses résultats attendus, par rapport au multiple moyen du secteur, de 10 sur le Vieux Continent.
En considérant les multiples de capitalisation initiale du chiffre d’affaires (0,4) et du résultat d’exploitation (7,5) de Royal Mail pour son exercice à fin mars 2013, la valorisation des services courrier et colis-express de La Poste en France pourraient ressortir entre 6 et 8 milliards d’euros (chiffre d’affaires de 17 milliards et résultat d’exploitation de 1,1 milliard pour l’exercice à décembre 2012).
Pour avoir l’honneur d’être de la partie, les sept banques responsables de la privatisation de Royal Mail, Goldman Sachs et UBS en tête, ont consenti un taux de commission de 1,2% du montant de l’IPO contre 1,6 à 2,0% en moyenne selon Reuters. Les banques recevront ainsi au total environ 24 millions de livres.
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