La privatisation de Belgacom faciliterait l’adossement à un autre opérateur

Actuellement majoritaire, l’Etat belge ferait d’abord descendre sa participation à 26 %. Le patron du groupe Didier Bellens apparaît fragilisé
Yves-Marc Le Reour

Le dossier de la privatisation de Belgacom devrait être relancé sous peu, croit savoir Le Soir qui se réfère à des sources proches des pouvoirs publics. Coté en Bourse depuis 2004, l’opérateur de télécoms est détenu à hauteur de 53,5% par le Royaume de Belgique, 4,6% du capital étant en autocontrôle et le reste aux mains d’investisseurs privés. Sa capitalisation boursière s’élève actuellement à 7,6 milliards d’euros. Le journal indique que le désengagement de l’Etat «pourrait s’effectuer en deux étapes», celui-ci conservant dans un premier temps «une minorité de blocage d’environ 26%» avant de céder la totalité de ses parts.

A l’instar de ses homologues européens, l’opérateur est confronté depuis plusieurs années à une érosion de sa part de marché et de sa rentabilité. Il prévoit pour l’exercice en cours «un repli de 1 à 2% du chiffre d’affaires» par rapport aux 6,6 milliards d’euros dégagés en 2010, ainsi qu’un recul de 4% de l’excédent but d’exploitation. Cette privatisation apparaît comme le préalable à l’adossement de Belgacom à un autre opérateur. Si Deutsche Telekom a été évoqué comme prétendant, l’administrateur délégué de Belgacom Didier Bellens a indiqué début septembre qu’il n’excluait pas un rapprochement avec le néerlandais KPN.

Didier Bellens, dont le mandat court jusqu’en mars 2015, semble néanmoins fragilisé au sein de l’entreprise. Inculpé en juin dernier pour corruption passive dans une affaire immobilière remontant à 2006 et impliquant ConnectImmo, une filiale de Belgacom, il vient de s’opposer à la majorité du conseil d’administration en soutenant Concetta Fagard, ancienne vice-présidente en charge du sponsoring. Alors qu’elle avait été écartée sur des soupçons de harcèlement moral, Didier Bellens l’avait réintégrée en début de semaine dernière, avant de devoir faire marche arrière pour éviter un vote de défiance du conseil.

Alors que l’espoir de formation d’un gouvernement de plein exercice a progressé ces derniers jours outre-Quiévrain, la privatisation de Belgacom fera logiquement partie des discussions entre les différentes formations politiques. La rentrée de quelques milliards d’euros dans les caisses de l’Etat serait d’ailleurs bienvenue dans un pays où la dette publique devrait dépasser 97% du PIB l’an prochain, selon le dernier rapport de la Commission européenne.

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