La participation minoritaire dans Telecom Italia coûte de plus en plus cher à Telefonica
La campagne italienne de Telefonica commence à coûter cher à l’opérateur de télécoms espagnol. Lors de l’annonce vendredi matin de ses résultats trimestriels 2012, le groupe présidé par Cesar Alierta pourrait dévoiler une dépréciation de 400 millions d’euros liée à sa participation indirecte de 10,46% au capital de Telecom Italia.
La semaine dernière, Telefonica, Generali, Mediobanca et Intesa Sanpaolo, les principaux actionnaires de Telco, le holding à la tête de 22,4% de Telecom Italia, ont conclu un plan de refinancement de la dette du véhicule (L’Agefi Quotidien du 4 mai), dont une injection de fonds de 600 millions d’euros. Telco, détenu à 46% par Telefonica, a été contraint d’abaisser une nouvelle fois la valeur comptable de sa participation, pour un montant de 901 millions d’euros, la ramenant à 2,23 milliards d’euros, soit quasiment moitié moins que la somme dépensée en 2007 pour l’acquérir. Le holding avait déjà déprécié de 2,4 milliards d’euros au total sa participation en 2009 et 2010.
Les principaux actionnaires de Telecom Italia valorisent donc désormais l’opérateur 1,5 euro par action, alors que Telefonica comptabilise encore sa participation indirecte à 1,8 euro par titre. D’où la dépréciation attendue vendredi qui ramènerait à 1 milliard d’euros la valeur de son bloc dans Telecom Italia.
Pour les analystes de Santander, «la dépréciation d’actifs n’est pas un réel sujet». Dans leur modèle, la participation est déjà valorisée à sa valeur de marché, proche actuellement de 0,8 euro par action. En revanche, selon eux, «l’augmentation de capital ajoute à la pression à court terme sur l’atteinte de l’objectif de désendettement.» Fin 2011, l’opérateur espagnol portait 56,3 milliards de dette nette, soit 2,46 fois son excédent brut d’exploitation. La direction souhaite réduire le ratio sous la barre de 2,35, en dépit d’un léger déclin de son excédent brut d’exploitation.
Malgré les 500 millions d’euros de synergies annuelles promises par Telefonica, le groupe espagnol aurait intérêt à céder sa participation. Un temps envisagé, un rapprochement complet paraît impossible aujourd’hui, aussi bien financièrement que politiquement. Et la crise en Italie risque encore de dégrader l’activité de Telecom Italia. Avec le risque pour Telefonica de devoir déprécier un peu plus sa participation.
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