La nouvelle direction d’Altran tente un énième plan d’amélioration de la marge
La persévérance est une qualité. Altran a dévoilé hier un nouveau plan d’amélioration de la marge du groupe, le troisième en 6 ans. En 2005, lors de son arrivée à la tête de la société de conseil en R&D, Christophe Aulnette promettait une remontée de la marge d’exploitation autour de 10% en 2007. En 2007, son successeur, Yves de Chaisemartin, voulait que la rentabilité rejoigne «les meilleurs pratiques de la profession». Hier, Philippe Salle, à qui l’actionnaire Apax a confié les commandes en mai 2011, a annoncé vouloir faire remonter la marge entre 11% et 12% d’ici à 2015. Avec un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards d’euros, contre environ 1,5 milliard attendu en 2011.
L’objectif est ambitieux. Si Altran a déjà dépassé ce niveau de marge, au début des années 2000, les plans de ces six dernières années ont tous échoué. Au premier semestre 2011, la marge s’élevait à 6,5%. Elle était de 5,8% au premier semestre 2005. L’objectif est d’autant plus ambitieux que le ralentissement de l’activité observé depuis quelques mois a fait lever un épais brouillard sur l’exercice 2012. «Nous n’avons aucun signe négatif de nos clients aujourd’hui, le nombre de consultants au travail ne cesse de progresser. Mais je ne sais pas ce qu’il va se passer en 2012, il faut être prudent», reconnaît Philippe Salle. La crise de 2009 avait renvoyé la marge du groupe à seulement 2,2%.
Pour tenter de sécuriser l’atteinte de l’objectif, Philippe Salle ne jouera pas que sur la croissance du chiffre d’affaires. Les filiales peu rentables (Portugal, Pays-Bas…) pourraient être vendues. De nouvelles mesures seront prises pour réduire un peu plus l’encours client sous les 80 jours, contre 87 jours en 2010, ce qui permettrait d’économiser 35 millions d’euros de cash. Les investissements ne dépasseront pas 1% du chiffre d’affaires. Enfin, les coûts indirects subiront un nouveau tour de vis pour représenter 60% de la marge brute en haut de cycle, soit une économie de 22 points par rapport au taux moyen des six derniers exercices.
Les efforts doivent permettre à Altran de transformer entre 2% et 4% de son chiffre d’affaires en cash flow libre. De quoi se désendetter dans un premier temps puis procéder à quelques acquisitions, en Allemagne ou en Inde, afin de contribuer à atteindre les 2 milliards de chiffre d’affaires. Hier, l’action a cédé 3,54%.
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