La Nouvelle-Calédonie fait de Xstrata le numéro trois mondial du nickel

Le groupe minier achève son projet de 5 milliards de dollars dans le nord de l’archipel. Le retour sur investissement prendra moins de 10 ans
Olivier Pinaud

Xstrata met la dernière touche au plus grand projet industriel de son histoire. Mise en chantier en 2007, l’usine de nickel du massif du Koniambo, au nord de la Nouvelle-Calédonie, entrera en production fin 2012. 4,2 milliards de dollars ont déjà été investis sur un total de 5 milliards. Le groupe minier a injecté la quasi intégralité des fonds, même si la Société minière du Sud Pacifique (SMSP), détenue par la province nord de l’archipel, possède 51% du projet. Celle-ci n’a investi que 186 millions mais a apporté le massif, conformément à l’accord de Bercy de 1986, «préalable minier» aux accords de Nouméa. Afin de ne pas diluer la SMSP, dont la part est figée à 51%, Xstrata a investi via de la dette junior.

Xstrata percevra la majorité des cash-flows mais la SMSP est assurée de toucher un dividende dès la première année plus une part variable par la suite. A partir de la 26e année d’exploitation, la répartition des cash-flows reflètera celle du capital. Au total, 4 milliards de dollars reviendront au gouvernement local, dont 1,2 milliard d’impôts et 2,8 milliards de dividendes.

Crucial politiquement et socialement pour la Nouvelle-Calédonie, Koniambo l’est aussi pour Xstrata qui avait bataillé pendant plus d’un an avec Inco en 2006 pour s’emparer de Falconbridge, le porteur initial du projet. «Lors de la crise de 2007, Xstrata a passé en revue l’intégralité de ses projets. Mais malgré le montant, l’investissement a été maintenu», se souvient Dominique Dionne, vice-présidente de Xstrata Nickel. Et comme «il s’agit du premier projet construit par Xstrata, qui avait jusque-là l’habitude de se développer par acquisition, il a valeur de test pour de nombreux investisseurs.»

Le massif du Koniambo, qui appartenait avant l’accord de Bercy à la Société Le Nickel détenue par Eramet dans le sud de l’archipel, produira 60.000 tonnes de nickel par an. Xstrata fera un bond de la cinquième à la troisième place mondiale avec environ 106.000 tonnes par an. «Le consensus pour les prochaines années prévoit un prix du nickel de l’ordre de 8,5 dollars la livre. La structure de coût du projet et la qualité du gisement assurent une rentabilité avec un prix du nickel bien en dessous des 7 dollars», indique Antonin Beurrier, président de Xstrata Nouvelle-Calédonie, ce qui doit permettre de traverser les bas de cycle sans arrêter l’usine. L’investissement pourrait être couvert en moins de dix ans.

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