La norme comptable sur les coentreprises va créer des remous
La mésaventure subie hier par Plastic Omnium, dont le cours a chuté de 3,23%, constitue un bon signal d’alerte. Comme l’ont écrit les analystes de la Société Générale sur l’équipementier automobile, la mise en œuvre début 2014 de la nouvelle norme comptable sur les coentreprises (IFRS 11) ne sera pas sans conséquences au moment de la publication des prochains comptes annuels. Les sociétés détenues conjointement ne pourront en effet plus être comptabilisées par intégration proportionnelle mais devront l’être par mise en équivalence.
La mesure comptable n’a aucune incidence sur l’activité. Toutefois, selon les calculs de la Société Générale, Plastic Omnium pourrait perdre 700 millions d’euros de chiffre d’affaires et environ 38 millions d’euros de résultat d’exploitation en 2014, soit un peu moins de 10% du montant total attendu. La somme se retrouvera dans le résultat net, mais cela n’empêchera pas un ajustement des multiples de valorisation basés sur le résultat d’exploitation ou des ratios d’endettement calculés sur l’excédent brut d’exploitation. Certains ratios bilantiels seront également modifiés.
L’application de la norme IFRS 11 «n’est pas neutre notamment pour les groupes d’immobilier ou de construction», explique Sophie de Oliveira Leite, du cabinet Denjean & Associés. Mais de nombreuses autres entreprises appliquant les normes IFRS seront concernées. Ainsi, «compte tenu de l’impact potentiel sur cette ligne du compte de résultat, l’Autorité des normes comptables recommande que la quote-part du résultat net des coentreprises, qui sont le prolongement de l’activité du groupe, soit présentée dans le résultat opérationnel», ajoute-t-elle.
Malgré les importants mouvements à venir, peu de groupes ont préparé leurs investisseurs à l’application de ces nouvelles normes comptables. Selon une récente étude de KPMG, «neuf groupes seulement du CAC 40 ont appliqué les nouvelles normes IFRS 10 et 11 dans leurs comptes intermédiaires au 30 juin 2013».
Fortement concerné du fait de l’importance dans son modèle de Dalkia, la co-entreprise détenue avec EDF, Veolia Environnement a communiqué de façon très détaillée sur ce sujet dès le début de 2013, en fournissant des comptes révisés afin de permettre une meilleure comparaison. Vinci ou ADP ont également pris en compte ce sujet en amont.
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