La montée de Cevian au capital change la perspective sur ThyssenKrupp
Cevian Capital redonne des couleurs à ThyssenKrupp. En relevant de moins de 3% à près de 5,2% sa part au capital, le fonds activiste suédois a permis à l’action du sidérurgiste de terminer la séance d’hier sur une hausse de 3,7% à 18,2 euros, au plus haut depuis la mi-mars. Cevian a indiqué qu’il pourrait encore augmenter le niveau de sa participation, sans toutefois projeter d’OPA.
Ce mouvement capitalistique «pourrait conduire à des spéculations sur un démantèlement de l’entreprise», commente Dirk Schlamp, analyste chez DZ Bank. Le flottant représente à l’heure actuelle près de 75% de son capital, un peu plus d’un quart étant contrôlé par la fondation AKBH (Alfred Krupp von Bohlen und Halbach).
Jens Tischendorf, associé chez Cevian, a apporté son soutien à la stratégie du groupe allemand et s’est dit «convaincu du potentiel de développement» de l’entreprise. Cette attitude a été saluée par Heinrich Hiesinger, président du directoire de ThyssenKrupp. La stratégie de Cevian, créé en 2002 par Christer Gardell et Lars Förberg, consiste à prendre des participations significatives dans un nombre limité de sociétés cotées en Bourse et jugées sous-évaluées.
Avec plus de 6 milliards d’euros d’actifs sous gestion, le fonds mise sur un accroissement de la valorisation de ces sociétés à long terme, en les incitant à améliorer «leur gouvernance, leur performance opérationnelle, leur organisation et leur stratégie». Il a ainsi fait pression en 2011 sur l’américain Terex pour qu’il relève son OPA hostile sur l’allemand Demag Cranes, et a aidé également le constructeur Bilfinger à rationaliser ses activités.
Cevian pourrait ainsi contribuer à accélérer le virage stratégique de ThyssenKrupp vers les équipements industriels. Ce dernier s’efforce en vain depuis 16 mois de se désengager de sa division «Steel Americas», implantée aux Etats-Unis et au Brésil, qui génère d’importantes pertes. Sa structure de bilan s’est fortement dégradée, avec un plongeon de 37% de ses fonds propres entre octobre 2012 et juin 2013, à 2,9 milliards d’euros, d’où un ratio de dette nette sur fonds propres (gearing) qui atteignait 186% au 30 juin dernier. Le groupe a cependant obtenu mardi de ses banques qu’elles renoncent à tester un covenant, censé s’appliquer fin septembre à une ligne de crédit de 2,5 milliards d’euros, qui prévoyait un gearing inférieur à 150%.
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