La menace chinoise grandit sur les équipementiers télécoms occidentaux
A l’occasion du salon de la téléphonie mobile (Mobile World Congress) qui vient de fermer ses portes à Barcelone, le chinois ZTE a précisé ses ambitions sur le marché des infrastructures télécoms et des terminaux mobiles. Grâce à une force de frappe accrue en matière de R&D, «nous avons la capacité dans les deux à trois ans de faire partie des trois premiers fournisseurs mondiaux d’infrastructures dans toutes les zones géographiques», a déclaré Xu Ming, vice-président de la division mobile du groupe.
Il compte sur la croissance de la demande dans les pays émergents pour stimuler une part de marché de 7,2% en 2010, qui le plaçait au sixième rang mondial, selon les estimations du cabinet Gartner. Derrière le leader suédois Ericsson et l’autre chinois Huawei, ZTE vise la troisième place occupée jusqu’ici par Alcatel-Lucent (13,3% du marché en 2010). Il devancerait alors également Cisco, davantage orienté sur les réseaux d’entreprise, et la coentreprise Nokia Siemens.
L’exposition élevée des équipementiers européens aux marchés occidentaux a tendance à les défavoriser dans la conjoncture actuelle. Si le ralentissement constaté aux Etats-Unis dans les investissements industriels des opérateurs télécoms devrait être limité dans la durée, l’incertitude est plus importante sur le Vieux Continent concernant la vitesse de déploiement des réseaux de 4e génération (LTE). Cela n’a pas empêché ZTE de gagner récemment des contrats avec Telenor en Hongrie, KPN en Allemagne ou Optimus au Portugal.
Même la Suède, patrie d’Ericsson, lui a passé des commandes dans les réseaux 4G. Mais pour atteindre son objectif, le groupe chinois «devra développer ses activités de services» car «les opérateurs évaluent la capacité de leurs fournisseurs à contribuer à la conception et à la mise en place des réseaux, tout particulièrement dans le LTE», souligne Bettina Tratz-Ryan, analyste chez Gartner.
L’offensive concerne aussi le segment des terminaux mobiles. L’équipementier a présenté à Barcelone une quinzaine de nouveaux modèles fonctionnant sous système d’exploitation Android 4.0 (Ice Cream Sandwich), dont cinq tablettes et un Windows Phone. Numéro quatre mondial derrière Nokia, Samsung et Apple au quatrième trimestre 2011 avec une part de marché de 4%, il vise la troisième place et entend doubler dès cette année ses ventes qui devraient atteindre 38 millions d’appareils.
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