La médiation du crédit devrait se prolonger au moins en 2011
«Touche pas à mon médiateur !», clame la Confédération générale des PME (CGPME), à l’occasion de la présentation hier du deuxième rapport annuel de la médiation du crédit. Alors que le dispositif devait s’arrêter en fin d’année, «dans les jours et semaines qui viennent, on devrait trouver les conditions d’une reconduction de la médiation, a assuré le médiateur, Gérard Rameix. On a besoin d’être là. Les entreprises sont encore convalescentes».
Un avis partagé par les entreprises. «La médiation du crédit a fait la preuve de son utilité mais également de sa mesure, rappelle la CGPME. Elle joue son rôle sans outrance et sans parti pris, en toute objectivité. Et même si la situation s’améliore en matière de crédit, le renforcement des fonds propres des banques exigé par les accords de Bâle fait notamment craindre une augmentation des taux ou des frais bancaires pour les TPE PME».
Du côté des établissements de crédit, la Fédération française bancaire s’est refusée à tout commentaire. Ce matin, Bercy fait un point sur l’engagement des banques en faveur du crédit en 2010 et pour 2011. Fin mars, le PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa, avait plaidé pour une «mise en sommeil» de la médiation. Un avis repris en juin, par Baudouin Prot, directeur général de BNP Paribas, estimant que «le système bancaire a désormais les moyens, avec sa propre organisation, de traiter ces situations avec une mise en veilleuse de la médiation du crédit». «Nous garderons le médiateur du crédit, c’est absolument indispensable», avait déclaré le président de la République en juin dernier.
En deux ans, la médiation du crédit se félicite d’avoir aidé 12.500 entreprises, représentant 220.000 emplois, et d’avoir enregistré un taux de succès de 63%.
Gérard Rameix en profite pour proposer des axes de progrès: poursuite de l’amélioration de la relation entre banquier et entreprise (avec des réponses claires, argumentées et rapides de la part des banques), meilleure gestion de la clientèle des TPE (avec une meilleure formation, supervision et organisation du travail des conseillers professionnels au sein des agences bancaires), proposition de nouveaux financements (les banques sont encore trop réticentes à financer le besoin en fonds de roulement ou les actifs incorporels), et adaptation des politiques de risques (les banques doivent dimensionner de façon mesurée leurs exigences).
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