La marge nette des PME françaises est en dégradation constante depuis 2008
Le tableau brossé par ATH sur la santé financière des PME françaises est plutôt préoccupant. L’association technique, qui regroupe près de 25 cabinets d’audit et de conseil, a analysé sur cinq ans les grands indicateurs issus des comptes de près de 15.000 entreprises non cotées employant entre 10 et 250 personnes, hors secteur financier et filiales de groupes cotés.
Sur cet échantillon qui représente environ 7,5% des 200.000 PME répertoriées par l’Insee, l’étude fait état d’une croissance moyenne de 7% du chiffre d’affaires global entre 2008 et 2012, malgré la chute de 5,7% subie en 2009. Mais cette progression «ne couvre que partiellement l’inflation qui ressort à 8,8% sur cette même période», relève ATH. Si la croissance des services atteint 11,9%, celle du BTP et de l’industrie se limite à respectivement 5,7% et 2,9%.
En dépit des importants efforts de gestion réalisés qui ont contribué à un léger rebond en 2010, la marge brute et la marge d’exploitation ont toutes deux reculé de plus d’un point en 5 ans, à 4,93% pour la première et 3,16% pour la seconde, d’où «une perte de flexibilité significative pour assurer les investissements nécessaires à la compétitivité et à la pérennité des entreprises».
La rentabilité nette, passée de 3,20% en 2008 à 2,44% l’an dernier, a de son côté subi une érosion continue, le nombre de sociétés déficitaires représentant 18% des entreprises du panel l’an dernier. La situation semble particulièrement difficile pour le BTP dont les ratios de rentabilité enregistrent une baisse constante depuis 2008, alors que l’industrie, le commerce et les services ont tiré parti d’une embellie en 2010-2011.
La structure financière des PME s’est néanmoins améliorée en 5 ans, comme le prouve la trésorerie nette stabilisée au dessus de 800.000 euros depuis 2010, alors qu’elle s’élevait en moyenne à seulement 700.000 euros en 2008, ou le maintien du BFR à un peu moins de 2 mois de chiffre d’affaires. La moyenne des capitaux propres a progressé de 20,9% pour atteindre 2,6 millions d’euros à fin 2012, même si 4,5% des entreprises de l’échantillon affichent des fonds propres négatifs (contre 3,6% en 2008).
Cette bonne tenue relative traduit la prudence des chefs d’entreprises désireux de reconstituer leurs fonds propres «en intégrant les résultats dans les réserves et en procédant éventuellement à des augmentations de capital», conclut l’étude.
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