La justice américaine scrute à son tour le rachat d’Autonomy par Hewlett-Packard

Dans un document remis à la SEC, le groupe américain se contente d’indiquer qu’il coopère pleinement avec les différentes enquêtes sur ce dossier
Yves-Marc Le Reour

Après le gendarme boursier américain (SEC) et l’office britannique des fraudes (Serious Fraud Office), c’est le Département américain de la Justice qui a décidé de se pencher sur le rachat controversé d’Autonomy par Hewlett-Packard (HP) l’an dernier.

Dans des informations réglementées fournies à la SEC en fin de semaine dernière (document 10-K), HP indique avoir été informé le 21 novembre de l’ouverture d’une enquête par la justice américaine. Le groupe informatique ajoute qu’il «coopère pleinement dans le cadre des différentes enquêtes lancées» et qu’il fait face à plusieurs plaintes d’actionnaires sur ce dossier.

Alors qu’il a passé en novembre 8,8 milliards de dollars de dépréciations de survaleurs sur l’éditeur de logiciels britannique, correspondant à plus de 80% du prix d’acquisition, le groupe de Palo Alto a accusé l’ancienne direction d’Autonomy de malversations comptables ayant conduit à une mauvaise appréciation de la valeur de sa cible. Ces informations erronées ont entraîné à elles seules 5 milliards de dollars de dépréciations sur le montant total de 8,8 milliards annoncé, selon HP. Ce dernier a également mis en accusation les cabinets d’audit (Deloitte et KPMG) qui sont intervenus dans la transaction.

Mike Lynch, fondateur et ancien directeur général d’Autonomy, qui a quitté la société après sa prise de contrôle par le groupe américain, a déclaré qu’il était «très décevant que HP n’ait toujours pas été en mesure de fournir dans le document remis à la SEC le détail des calculs ayant conduit au chiffre de 5 milliards de dollars de dépréciations, ou qu’il n’ait pas pu étayer les propos portés à l’encontre de la précédente équipe de direction». Il continue à rejeter de la façon la plus ferme les allégations de HP et entend lui aussi coopérer avec toutes les enquêtes en cours.

Meg Whitman, l’actuelle directeur général du groupe informatique américain, était membre de son conseil d’administration au moment de l’acquisition d’Autonomy. Mais la transaction avait été décidée à l’été 2011 par son prédécesseur Leo Apotheker dans le cadre d’une réorganisation devant renforcer le groupe américain sur les services et applications pour entreprises. Elle avait été maintenue après le départ forcé de ce dernier en septembre 2011.

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