La hausse du coût des matières premières gâche la saison des résultats
«Pricing power», deux mots qui résonnent comme une formule magique alors que la hausse du coût des matières premières joue les trouble-fête au bal des résultats semestriels. Tous les groupes ne disposent pas des ingrédients pour faire valoir ce «pouvoir» leur permettant de répercuter sur leurs prix de vente les surcoûts. Un climat de prudence exacerbé par un euro fort et par l’impact du séisme japonais du 11 mars.
Ciments Français a ainsi déçu le marché vendredi, au sein d’un secteur particulièrement exposé. Tout comme Schneider Electric, qui a révisé en baisse son objectif annuel de marge opérationnelle. L’analyste de Jefferies International, Alex Barnett, a regretté concernant le spécialiste des équipements électriques que «les résultats [soient] décevants en dépit d’attentes pourtant prudentes». «Où est donc le pricing power?» s’est-il désolé. Le groupe a, il est vrai, revu en hausse, de 250 à 400 millions d’euros, l’effet négatif de l’envolée des matières premières, l’estimation initiale ayant déjà été subie sur le seul premier semestre. Cet impact «n’a jamais été aussi fort sur nos comptes» s’est plaint le président du directoire Jean-Pascal Tricoire dans un entretien accordé aux Echos. Il s’agit bien selon le dirigeant de l’un des principaux enjeux auxquels le groupe doit faire face. Schneider Electric a souffert d’une comparaison défavorable face à son concurrent Legrand, qui lui a davantage convaincu en préservant sa marge opérationnelle et en confirmant ses objectifs annuels.
Certains groupes font en effet preuve d’une grande habileté. A l’image de Saint-Gobain, qui a rassuré sur sa capacité de résistance face à un impact toujours évalué à 600 millions d’euros en 2011, ou de Michelin. Le gérant du pneumaticien, Jean-Dominique Senard, a indiqué vendredi que les hausses de tarifs d’ores et déjà entrées en vigueur ou annoncées devraient permettre au groupe de compenser la quasi-totalité du surcoût occasionné par l’évolution erratique mais haussière des cours des matières premières, pétrole et caoutchouc naturel en tête. Il y a trois mois, le groupe, qui a maintenu vendredi son estimation de cet impact à 1,8 milliard d’euros en 2011, misait sur un taux de récupération voisin de 80%. Le dirigeant a par ailleurs chiffré à 150 millions d’euros environ en 2011 l’effet négatif de l’appréciation de l’euro à son cours actuel face au dollar.
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