La guerre des brevets monte encore d’un cran entre Samsung et Ericsson

Répliquant à une action similaire de l’équipementier suédois, le groupe sud-coréen a déposé une plainte aux Etats-Unis pour violation de sept brevets
Yves-Marc Le Réour

Déjà confronté aux difficultés de sa coentreprise avec STMicroelectronics, Ericsson devra faire face à l’intensification du conflit qui l’oppose à Samsung en matière de brevets. Le groupe sud-coréen a annoncé hier avoir déposé en fin de semaine dernière une plainte contre le leader mondial des réseaux mobiles auprès de la Commission américaine en charge du commerce extérieur (International Trade Commission ou ITC), ce qui pourrait conduire à l’interdiction d’importer et de commercialiser certains produits de l’équipementier télécoms outre-Atlantique. «Nous pensions qu’il était possible de négocier en toute loyauté avec Ericsson. Mais celui-ci s’est montré peu enclin à poursuivre ces négociations et a émis des revendications déraisonnables, qu’il cherche désormais à présenter devant la justice», a déclaré Samsung.

En accusant Ericsson de violer sept de ses brevets, le numéro un mondial des téléphones mobiles réplique en fait au groupe suédois qui, après deux années de négociations infructueuses, avait demandé le 30 novembre à l’ITC d’interdire les importations aux Etats-Unis de produits Samsung appartenant à sa gamme Galaxy, en invoquant la violation de plusieurs brevets liés notamment à la gestion de la mémoire flash. Quelques jours auparavant, Ericsson avait déjà pour les mêmes motifs intenté une action en justice contre le groupe sud-coréen devant un tribunal fédéral au Texas, où se trouve le siège social de sa filiale américaine.

Sur les neuf premiers mois de 2012, le groupe suédois a réalisé près d’un quart de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis qui demeure de loin son premier marché devant le Japon (8%) et la Chine (5%). Alors que les ventes d’appareils nomades (tablettes tactiles, «smartphones») explosent, Samsung pourrait chercher à se développer dans les infrastructures mobiles, où la part de marché mondiale d’Ericsson dépasse 40%.

Dans un contexte de guerre larvée entre géants technologiques arc-boutés sur la protection de leurs droits de propriété intellectuelle, Bruxelles a envoyé en fin de semaine dernière à Samsung une «déclaration d’objections» préliminaire. La Commission européenne estime que celui-ci abuserait de sa position dominante afin d’empêcher l’américain Apple de faire usage d’un brevet jugé essentiel au bon fonctionnement des «smartphones».

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