La gouvernance des entreprises publiques doit évoluer
Message au prochain gouvernement. L’Institut français des administrateurs (IFA) vient d’émettre ses propositions pour améliorer la gouvernance des entreprises à participation de l’Etat.
Tout d’abord, les grands principes de gouvernance doivent être rappelés dans le règlement intérieur du conseil d’administration : indépendance du conseil, respect des droits de tous les actionnaires et respect des prérogatives du management. «L’Etat actionnaire n’est pas un ‘Etat propriétaire’», et comme tout actionnaire «ne devrait pas se substituer aux dirigeants, notamment en matière de communication sur les événements et les décisions majeures concernant l’entreprise». Il doit aussi se conformer aux règles du droit boursier, et par exemple établir des listes d’initiés régulièrement actualisées.
L’IFA leur recommande de réduire la taille de leur conseil, «handicap à leur bon fonctionnement» entre 10 et 12 membres. Si l’ordonnance du 20 août 2014 a assoupli les règles de désignation des administrateurs proposés par l’Etat, l’IFA juge nécessaire d’évaluer si ces nouvelles opportunités ont été réellement utilisées. Plus largement, il propose d’élargir l’application de cette ordonnance aux établissements et organismes publics, ce qui supposerait «l’abandon de la représentation d’intérêts catégoriels, potentiellement porteurs de conflits d’intérêts».
Si ce n’est pas encore le cas, chaque société devrait disposer d’un comité des nominations et d’un comité des rémunérations. Ils peuvent être conjoints. Présidés par un administrateur indépendant, ils doivent donner un avis sur les nominations, y compris celles présentées par l’Etat, et réfléchir à une rémunération variable incitative et compétitive pour les entreprises soumises au plafond de 450.000 euros. L’IFA suggère que ce plafond ne concerne que le fixe.
Pour améliorer la gestion des conflits d’intérêts, l’IFA invite les administrateurs indépendants à former entre eux un comité ad hoc, assisté, si nécessaire, de conseils extérieurs afin de s’assurer que les décisions soient prises dans l’intérêt social de l’entreprise. Comme tous les conseils, ils doivent être évalués périodiquement à l’aide d’une expertise externe. L’IFA les incite à renforcer la formation des administrateurs.
Enfin, l’IFA préconise l’établissement de lignes directrices pour la gouvernance des entreprises non cotées et des établissements publics, en s’inspirant du code Afep-Medef. Du travail en perspective pour le futur occupant de Bercy…
Plus d'articles du même thème
-
Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
En marge de la présentation de son plan stratégique, la banque de la Défense a annoncé la nomination de Benoit Grisoni en tant que directeur adjoint des activités de banque de détail en France. Un mouvement qui va dans le sens du rapprochement entre le réseau SG et BoursoBank. -
Moscou met Nestlé et Auchan sous administration temporaire russe dans le pays
Un nouveau décret de Vladimir Poutine, signé jeudi 17 septembre, autorise le transfert des actifs de plusieurs sociétés tricolores, dont Auchan, à une société russe. -
Le fonds de pension de l'Etat de New York défend les résolutions d'actionnaires face à la SEC
Le contrôleur financier de l'Etat demande aux sociétés cotées américaines de continuer volontairement à inscrire les résolutions d'actionnaires dans leurs documents de vote.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPolitique fiction : pour la présidentielle de mai 2027, un recours existe
Emmanuel Combe : « Faites le calcul avec un taux à 6 %, puis à 7 %. La charge de la dette cesse alors d'être une ligne budgétaire pour devenir LE budget. L'Etat ne finance plus des politiques publiques : il finance ses créanciers, et emprunte pour les payer » -
Vents contrairesFace au choc énergétique, la croissance mondiale résiste mais l’Europe décroche
Les tensions sur le marché de l'énergie ont été compensées par l'IA mais alimentent l'inflation. Cette nouvelle donne ne profite pas à l'Europe, où les États paient leur important niveau d'endettement -
« Le travail rend libre » : le député RN Jean-Philippe Tanguy s’explique
La phrase, extraite d’un discours tenu samedi 19 septembre à Vierzon (Cher), a fait le tour des réseaux sociaux. Jean-Philippe Tanguy estime n’avoir « rien dit de mal ».