Les premiers «say on pay» 2017 surprennent
Les «say on pay» 2017 révèlent de vraies surprises! Au 2 mai, L’Hebdo des AG constate un taux d’approbation du «say on pay» de 88% dans le CAC 40 et de 86% dans le Next 80. Les premiers votes sur la politique de rémunération, issu de la loi Sapin 2, obtiennent respectivement 89% et 85% d’approbation. Des moyennes qui cachent de grandes différences.
Des résultats parfois surprenants, que «les sociétés ne peuvent ignorer, confie Véronique Bruneau-Bayard, avocat chez CMS-Bureau Francis Lefebvre. Les écarts peuvent être importants entre les taux d’approbation de la politique de rémunération et ceux du ‘say on pay’ impératif du code Afep-Medef, qui obtiennent parfois un taux nettement inférieur, signe que les différents éléments constitutifs de la rémunération annuelle sont regardés en détail par les actionnaires».
Chez Air Liquide, le PDG Benoît Potier a obtenu moins de 58% d’approbation à sa rémunération, alors que sa politique de rémunération a été approuvée à 87%. Mais chez Scor, le «say on pay» était de 86% contre 73% pour la politique de rémunération. «Les actionnaires étrangers suivent davantage que les investisseurs français les agences de conseil en vote, particulièrement exigeantes en matière de transparence, souligne Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest. De plus, ils ont évolué, notamment les investisseurs britanniques, depuis qu’ils ont été rappelés à l’ordre par Theresa May.»
La contestation sur les rémunérations «est phénoménale en France par rapport aux autres pays, ajoute Loïc Dessaint. Elle ne concerne pas tant le montant que parfois l’absence de rémunération de long terme, ou de conditions de performance. Si de plus en plus de sociétés s’améliorent en matière de transparence, elles ne vont pas toujours assez vite par rapport aux autres entreprises et aux attentes des investisseurs». Lors de l’assemblée générale de TF1, le PDG Gilles Pélisson a renoncé à la moitié de sa part variable et obtenu un vote à 92% pour son «say on pay».
«On peut se demander si d’autres dirigeants vont adopter cette démarche, s’interroge Véronique Bruneau-Bayard. Sans aucun doute, les comités de rémunérations regarderont de près les résultats des votes 2017. Aux Etats-Unis, où les mandats des administrateurs sont généralement renouvelés annuellement, il y a une corrélation forte entre le résultat du ‘say on pay’ et le taux obtenu par les membres des comités de rémunération lors du renouvellement de leur mandat.»
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