La gouvernance a perdu du terrain dans les assemblées générales 2011
Déception! La gouvernance des entreprises du SBF 120 est en berne par rapport à l’an dernier, constate le bilan des assemblées générales 2011 d’Euro RSCG publié aujourd’hui. «Après deux années de forte contestation en AG, la tension s’est relâchée entre sociétés et actionnaires, constate Bénédicte Hautefort, associée chez Euro RSCG. A la faveur d’une Bourse en hausse (mi-mai) et de dividendes à un niveau record, les actionnaires ont été moins exigeants».
D’une part, le taux de contestation recule fortement, avec deux fois moins de résolutions rejetées qu’en 2010 – une quinzaine, dont la moitié chez Publicis – et des taux d’approbation plus élevées. Pourtant, « les autorisations financières, notamment les dispositifs anti-OPA, se sont multipliées cette année. Les demandes sont fragmentées, donc moins lisibles : en moyenne sept demandes d’autorisations par société, contre trois ou quatre, deux ans auparavant, poursuit Bénédicte Hautefort. Ces dispositifs complexes mériteraient d’être explicités en AG ». D’autre part, les sujets sensibles, comme le partage de la richesse, la rémunération fixe des dirigeants ou encore les bonus (sauf chez Total) n’ont pas été abordés.
Les conseils d’administration se sont peu renouvelés, avec moins de nouveaux candidats, tandis que les femmes entrent au conseil à un rythme moins soutenu que prévu. De plus, la notion d’indépendance des administrateurs est également remise en cause. « Ils ne sont pas mieux élus que les non-indépendants, ajoute Bénédicte Hautefort. Et les sociétés avec une majorité d’indépendants ne se sont pas mieux comportées pendant la crise ». En revanche, les étrangers sont plus nombreux à entrer dans les conseils. Or, la diversité du conseil contribue à la réussite de la stratégie de l’entreprise (hausse de l’action, dynamisme des acquisitions), constate le «Diversity Index» mis en place par l’université de Grenoble en partenariat avec Euro RSCG.
Des efforts notables ont toutefois été réalisés dans la préparation des AG. De plus en plus, les émetteurs prennent contact très en amont avec les prescripteurs et les investisseurs, plus pour mieux présenter les sujets sensibles que pour s’aligner sur leurs attentes. Autre signe encourageant, la hausse de la participation des actionnaires avec un quorum en progression de cinq points à 65% dans le CAC 40.
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