La glissade de la livre, une opportunité pour News Corp
Pourquoi News Corp a-t-il choisi de se lancer à l’assaut de BSkyB en ce mois de juin 2010? La sortie de crise offre à l’évidence des opportunités. Mais «le renforcement du dollar face à la livre (de 35% depuis les plus bas de 2008) peut aussi avoir joué un rôle dans cette décision», estime l’analyste médias de Banca Akros, Andrea Devita.
Avec une livre valant aujourd’hui 1,479 dollar, la proposition de News Corp de racheter 61% de BSkyB à 700 pence par action reviendrait pour lui à débourser environ 11 milliards de dollars (hors reprise de dette). Or, il y a seulement un an, lorsque la livre s’échangeait pour 1,967 dollar, la même opération aurait nécessité de sortir 14,7 milliards de dollars (voir tableau).
Certes, il faut également tenir compte des conditions de marché différentes. Car en un an l’action a gagné de la valeur, de 534 à 600 pence. Autrement dit, News Corp n’aurait peut-être pas offert 700 pence l’an passé. Il n’empêche que la hausse de l’action est largement compensée par l’évolution des changes. Un rapide calcul sur les primes et non plus sur le prix permet de le vérifier. Une prime de 17% (égale à celle proposée aujourd’hui) aurait donné un prix de 625 pence par action l’an passé. Mais même à ce niveau inférieur aux 700 pence envisagés aujourd’hui, News Corp aurait eu à débourser plus de 13 milliards de dollars. On peut donc affirmer qu’à conditions équivalentes, la baisse de la livre permet à l’assaillant d’économiser 2 milliards de dollars.
Cela lui donne donc de la marge. S’il accepte de payer 800 pence (30%), il lui en coûtera 12,6 milliards de dollars (hors dette). Pour le même prix, il n’aurait pas pu proposer plus de 600 pence il y a un an. Soit une prime de 12%.
Plus d'articles du même thème
-
La faiblesse des volumes pénalise Maersk malgré le relèvement de sa guidance 2026
L’armateur danois a déçu au troisième trimestre. Le troisième rehaussement de ses objectifs de résultats n’a pas suffi à rassurer le marché. -
Toyota brave les difficultés du secteur grâce à ses véhicules hybrides
Confortés par de nouveaux rachats d’actions, les investisseurs ont fait bondir le titre de plus de 16%, sa plus forte progression quotidienne en près de 40 ans. -
La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
La banque a annoncé aux syndicats plusieurs ajustements dans différentes filiales. Des suppressions de sites et de quelques dizaines de postes sont au programme dans la banque de détail. La filiale SGSS est également concernée par une diminution nette de 80 postes et des transferts d’activité en Inde.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
Contenu de nos partenaires
-
Budget 2027 rejeté à l'Assemblée : quelles suites maintenant pour le projet de loi de finances ?
Rejeté à l'unanimité par les députés, le projet de loi de finances pour 2027 part au Sénat dans sa version initiale. Faute de majorité, trois issues s'offrent à l'exécutif : aucune n'est sans risque. -
Tribune libre« La France, c’est nous » : Quand le moi fait la loi…
Ramener à soi la France ou la République en dit long sur l’appauvrissement de nos servitudes volontaires -
Chez Euronext aussi, la France dilue son influence
Christine Lagarde et Stéphane Boujnah laisseront respectivement, dans les premiers mois de 2027, la présidence de la BCE et de la plus grande place boursière d'Europe