La fusion Veolia Transport-Transdev obtient un feu vert sous conditions

L’Autorité de la concurrence détaille les engagements des deux groupes pour remédier aux risques pour les transports publics hors Ile-de-France
Yves-Marc Le Reour

A l’issue d’une phase d’examen approfondie ouverte le 13 septembre dernier, l’Autorité de la concurrence a annoncé hier avoir autorisé sous conditions le rapprochement entre Veolia Transport et Transdev, filiales respectives de Veolia Environnement et de la Caisse des dépôts et consignations. Elle estime que cette concentration «crée des risques concurrentiels sur les marchés du transport public urbain et interurbain hors Ile-de-France». Dans les transports urbains, elle note que l’opération va détériorer «dans 20 à 25% des cas» le niveau des offres remises aux collectivités territoriales chargées de lancer les appels d’offres. Cette moindre émulation sera particulièrement visible en Provence-Alpes-Côte d’Azur (région Paca). Dans l’interurbain, la nouvelle entité deviendra incontournable dans cinq départements (Var, Vaucluse, Eure-et-Loir, Loir-et-Cher et Haute-Savoie).

L’Autorité fait cependant part de «plusieurs engagements novateurs et substantiels» destinés à pallier ces risques. Dans le transport urbain de voyageurs, les deux groupes ont ainsi proposé de financer un «fonds d’animation de la concurrence» à hauteur de 6,54 millions d’euros qui permettra de défrayer les candidats non retenus et de financer les prestations d’assistance à maîtrise d’ouvrage auxquelles recourent les collectivités de petite taille. Réservé aux réseaux déjà exploités par Veolia Transport et Transdev, ce fonds sera confié à «un gestionnaire indépendant des parties, agréé par l’Autorité, sous la supervision d’un mandataire». Les deux groupes procèderont en outre à des cessions d’actifs dans quatre réseaux de la région Paca.

Des cessions d’actifs sont également prévues dans l’interurbain. Elles concerneront des lignes d’autocars avec le matériel roulant, des dépôts et ateliers de réparation dans quatre des cinq départements incriminés. En Haute-Savoie, la nouvelle entité ne devra effectuer aucune acquisition de plus de 3 millions d’euros durant cinq ans. Pendant ce laps de temps, les parties ont également pris l’engagement de ne pas se rapprocher «avec les principaux acteurs de dimension nationale ou internationale».

Comme l’aval de Bruxelles pour les activités hors de France avait déjà été donné en août, il reste désormais aux deux groupes à boucler d’ici fin mars ce rapprochement, la nouvelle entité devant être mise en Bourse dans les douze mois suivant l’achèvement de la fusion.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...