La fusion entre Fiat et Chrysler pourrait être repoussée à 2015
Le constructeur italien s’efforce de convaincre la justice américaine de tenir une audience en mai 2014 pour déterminer la valorisation de Chrysler
Publié le
Yves-Marc Le Reour
Fiat pourrait attendre plus longtemps que prévu le jugement du tribunal du Delaware chargé de fixer le prix de rachat des 16,6% supplémentaires dans Chrysler. Le constructeur italien dispose en effet depuis 2009 de cinq options de rachat, étalées dans le temps, sur cette part du capital détenue par Veba (Voluntary Employees Beneficiary Association), l’organisme chargé de verser les prestations de santé de plus de 800.000 retraités du secteur automobile américain. Veba possède au total 41,5% du capital de Chrysler, géré en fiducie («trust») pour le compte du syndicat «United Auto Workers» (UAW).
Contrôlant actuellement 58,5% de Chrysler, Fiat estime à 700 millions de dollars la valeur des 16,6% du capital qu’il veut acquérir, bien loin des 1,7 milliard de dollars estimés par Veba. Donald Parsons, juge auprès du tribunal du Delaware, avait indiqué fin juillet que la valeur de cette participation devrait être tranchée par le biais d’une décision judiciaire. N’ayant pas été en mesure de s’entendre avec Fiat sur un calendrier commun, le trust a demandé la semaine dernière à ce juge de fixer la date de la première audience à janvier 2015. Veba trouve en effet «déraisonnable» le souhait de Fiat de voir le procès se tenir en mai 2014, compte tenu des «problèmes comptables complexes» que recèle le dossier.
Le constructeur italien a répliqué en indiquant qu’il serait prêt à adresser à la justice américaine «tous les éléments de preuve nécessaires avant le 18 septembre prochain», estimant par ailleurs que le faible nombre de documents demandé à Veba facilitera une procédure plus rapide. La valorisation des titres Chrysler détenus par le trust repose sur une formule qui tient compte de la rentabilité opérationnelle du constructeur américain sur les quatre trimestres les plus récents, ajustée de sa dette nette industrielle.
«Le fait de repousser la date de l’audience qui doit déterminer la valeur de ces options n’est pas une bonne nouvelle», commente Philippe Houchois, analyste chez UBS à Londres. Un rachat plus précoce permettrait en effet à Fiat de ne pas avoir à prendre comme référence la valeur de marché de cette participation, que Veba pourrait mettre en Bourse l’an prochain. L’objectif du groupe italien est de contrôler à terme 100% de Chrysler, ce qui permettra de fusionner les activités des deux constructeurs pour former le septième groupe automobile mondial.
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