La frénésie hors marché autour des actions Facebook ou Twitter intrigue la SEC
Non coté et ne publiant toujours pas ses comptes, Facebook est pourtant aujourd’hui l’une des valeurs les plus recherchées au monde. Certaines sociétés financières américaines proposent même de placer dans des fonds «Facebook» ou «Twitter», spécialement créés pour investir au capital des stars de l’Internet. Un ramdam financier qui intrigue la Securities and Exchange Commission (SEC). Selon les médias américains, l’autorité de la Bourse a récemment écrit aux différents protagonistes de cette affaire. Son objectif : comprendre le fonctionnement des marchés secondaires, comme SecondMarket ou SharesPost, qui permettent d’acheter ou de vendre des actions des sociétés non cotées comme Facebook, Twitter ou LinkedIn et dont la valorisation explose. Selon les dernières transactions privées, Facebook serait valorisé 42 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires estimé à 2 milliards de dollars.
Sur ces plates-formes secondaires, les volumes de transactions restent évidemment encore faibles comparés aux marchés réglementés. Mais leur activité croît de semaine en semaine. SharesPost revendique ainsi 39.000 membres. SecondMarket, qui a lancé son activité autour de Facebook ou de Twitter l’an dernier, indique qu’il devrait avoir exécuté cette année pour 400 millions de dollars de transactions, sur un total de 40 entreprises, soit quatre fois plus qu’en 2009. Attirés par les perspectives de croissance de ces jeunes sociétés Internet, les investisseurs du monde entier cherchent à entrer au capital avant même une cotation en Bourse. De même, les salariés de ces sites profitent de ces marchés secondaires pour vendre des titres. Résultat, les valorisations flambent. Selon une étude du cabinet Nyppex, la valeur des onze premières sociétés internet privées a bondi de 54% en six mois.
En théorie, la pratique est légale. Mais selon le New York Times, la SEC souhaite comprendre d’où provient la liquidité sur ces marchés secondaires. L’autorité compte notamment vérifier que l’usage effréné de ces plates-formes n’enfreint pas la règle selon laquelle une entreprise privée ayant plus de 500 actionnaires différents doit publier ses comptes. C’est d’ailleurs cette règle qui avait contraint Google à se coter sur le Nasdaq en 2004.
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