La fondation Krupp, premier actionnaire de ThyssenKrupp, perd sa minorité de blocage
Destinée à améliorer une structure financière mise à mal par plusieurs années de pertes aux Etats-Unis et au Brésil, l’augmentation de capital de ThyssenKrupp via la constitution accélérée d’un livre d’ordres, a finalement rapporté 882,2 millions d’euros, a annoncé hier le groupe allemand. Celui-ci a placé 51,5 millions d’actions nouvelles au porteur auprès d’investisseurs institutionnels au prix de 17,15 euros par titre, dans le bas de la fourchette indicative de 17,05 à 17,64 euros communiquée lundi soir.
Premier actionnaire du sidérurgiste, la fondation ‘Alfried Krupp von Bohlen und Halbach’ a annoncé qu’elle n’avait pas suivi l’augmentation de capital, sa participation étant ainsi ramenée de 25,3% à 23%. Elle perd donc sa minorité de blocage et l’un des trois sièges qu’elle détenait au conseil d’administration, composé de vingt membres. «Il est possible que la fondation puisse continuer à exercer un droit de veto sur toute décision importante en assemblée générale car la représentation des actionnaires est généralement inférieure à 100%», juge néanmoins Peter Wodniok, analyste chez Fairesearch.
Le produit de l’opération servira à réduire un endettement d’environ 5 milliards d’euros à fin septembre, précise le communiqué de ThyssenKrupp. Il s’ajoutera au montant de 1,15 milliard d’euros que recevra le groupe, suite au récent accord de cession de son aciérie américaine de Calvert au tandem ArcelorMittal/Nippon Steel & Sumitomo. Tenant compte de ces opérations et de la stabilisation des performances opérationnelles du groupe, l’agence Moody’s a confirmé hier la note Ba1 de ThyssenKrupp, ainsi que la perspective négative qui l’accompagne.
Le bureau d’analyse de Kepler Cheuvreux relève que le ratio de dette sur fonds propres du groupe «passera de 200,6% au 30 septembre dernier à 150% suite à cette opération, puis à 115% après réception des fonds liés à la vente de Calvert». Ce ‘net gearing’ resterait bien supérieur au ratio de 34% du leader mondial ArcelorMittal ou de la moyenne de 60% à 70% du secteur. Les analystes de Metzler jugent de leur côté que ThyssenKrupp devra procéder à un nouvel appel au marché, afin de faire face aux difficultés de l’aciérie brésilienne et au coût de la reprise au finlandais Outukumpu des actifs qu’il lui avait vendus l’an dernier.
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