La fin de la guerre entre ses deux actionnaires lève un risque de taille pour Norilsk Nickel
L’armistice est signé. Après plus de quatre années de lutte acharnée, les deux premiers actionnaires du russe Norilsk, numéro un mondial du nickel, ont trouvé un accord de cohabitation. En signe de paix, Vladimir Potanine, principal actionnaire de Norilsk avec 28% du capital et qui ambitionnait d’en prendre la tête, et Oleg Deripaska, directeur général et principal actionnaire de Rusal, groupe qui détient le quart du capital de Norilsk, ont abandonné toutes leurs poursuites en justice.
Cet accord a été rendu possible par l’arrivée d’un troisième oligarque: Roman Abramovitch. Proche du Kremlin, le propriétaire du club de football de Chelsea s’est engagé à acheter auprès des deux actionnaires une participation de 7,3% dans Norilsk Nickel. Les modalités financières de la transaction ne sont pas dévoilées. Au cours actuel du producteur de nickel et de palladium, coté à Moscou et à Londres, l’investissement est estimé à 2,2 milliards de dollars.
Le président russe Vladimir Poutine avait fait de ce dossier l’une de ses priorités lorsqu’il est revenu au Kremlin en mai dernier. Car comme dans le cadre de l’accord récemment trouvé entre les pétroliers Rosneft et TNK, l’enjeu économique est de taille pour la Russie.
La lutte de pouvoir entre les deux oligarques entravait les projets d’investissements du premier groupe minier russe, dont le chiffre d’affaires annuel dépasse les 12 milliards de dollars, dont une très large majorité à l’exportation. Pour combler l’endettement de Rusal, Oleg Deripaska espérait accroître la politique de dividendes de Norilsk. En vain. Vladimir Potanine avait obtenu le lancement de plusieurs programmes de rachats d’actions. Désormais, la gouvernance sera claire: Roman Abramovitch aura la responsabilité des droits de vote des deux autres actionnaires, dont la participation descendra à 22% chacun.
Tous les titres seront placés dans un compte sous séquestre contrôlé par Millhouse, la société d’investissement de Roman Abramovitch. En contrepartie, Vladimir Potanine deviendra directeur général comme il le souhaitait, tandis qu’Oleg Deripaska obtiendra les plus forts dividendes escomptés.
Cet accord pourrait contribuer à redresser le cours de Norilsk. A la tête du gisement de nickel le plus rentable au monde, le groupe souffre pourtant d’une décote de l’ordre de 40% sur le secteur minier, selon les analystes de la Société Générale.
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