La filiale brésilienne de Louis Dreyfus se heurte à la défiance des investisseurs
Sale temps pour l’industrie sucrière brésilienne. Biosev, filiale du négociant en matières premières agricoles Louis Dreyfus Commodities (LDC), a été contrainte de renoncer la semaine dernière au placement de 300 millions de dollars (221 millions d’euros) d’obligations à sept ans, a rapporté Bloomberg. La faute à des conditions de marché jugées défavorables, malgré un rendement de 12% offert aux investisseurs, soit 1,5 fois la moyenne observée pour des obligations corporates de notation similaire (B1) dans les marchés émergents.
Cet appel au marché devait permettre au numéro deux brésilien de la canne à sucre, qui produit du sucre et de l’éthanol, d’alléger une dette de 4,7 milliards de réaux (soit environ 1,59 milliard d’euros), libellée à 65% en dollars. Si elle continue à brûler du cash au rythme actuel, la société risque d’être privée d’oxygène en moins de quinze mois. Le groupe, qui résulte de la fusion en 2009 de LDC Bionergia et Santelisa Vale, s’apprête à boucler un exercice 2013 mouvementé.
Un peu moins d’un an après une première tentative avortée, Biosev a levé au mois d’avril quelque 300 millions d’euros à l’occasion de son introduction en Bourse. Une opération qui a pu se faire moyennant l’insertion d’une clause garantissant aux actionnaires une option de rachat de leurs titres au prix d’introduction (plus les intérêts) pendant une durée de quinze mois. Depuis son début de cotation, l’action Biosev a plongé de 40%, alors que les pertes ont atteint 326 millions de réaux (110 millions d’euros) au deuxième trimestre à la suite d’aléas climatiques.
Avec des prix du sucre en chute de 27% au cours des deux dernières années, c’est l’ensemble du secteur qui souffre. Après avoir reporté une émission obligataire mi-avril, le producteur Aralco Acucar & Alcool est retourné sur le marché deux semaines plus tard en consentant un relèvement du rendement de 0,75 point de pourcentage.
Depuis l’émission, le rendement des titres à sept ans qui totalisent 250 millions de dollars (184 millions d’euros) ont bondi de 606 points de base, à plus de 16%. Pour autant, Moody’s, qui note Biosev Baa3, estime que la situation devrait s’améliorer, avec une remontée des prix du sucre attendue en 2014.
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