La facture de l’EPR de Flamanville s’alourdit de deux milliards d’euros supplémentaires
Un surcoût de plus de 5 milliards d’euros et un retard de mise en service estimé à quatre ans; le projet EPR (european pressurized water reactor) de Flamanville (Manche) est encore loin d'être «l’atout majeur de l’industrie française», tel qu’il était vanté lors de sa mise en chantier en 2007. EDF a révisé de deux milliards d’euros supplémentaires en monnaie constante le coût de ce réacteur de 1.600 MW conçu par Areva. Estimé à quelque 6 milliards d’euros en 2011, contre 3,3 milliards initialement puis 4 milliards d’euros en 2008, il se situe désormais autour de 8,5 milliards d’euros. Depuis 2005, le coût de construction a ainsi augmenté de 160%. Cette dernière annonce a été faite hier après la clôture de la Bourse de Paris.
Parmi les facteurs ayant pesé dans cet alourdissement de la note, EDF cite, outre le caractère «pionnier» du projet, «l'évolution du design de la chaudière, les études d’ingénierie supplémentaires, l’intégration des nouvelles exigences réglementaires, ainsi que les enseignements post-Fukushima». Il évoque également «des dépenses supplémentaires liées à des aléas industriels», telles que le remplacement des 45 consoles et l’impact financier de l’allongement des délais de construction. Le groupe maintient toutefois le calendrier, avec une mise en production des premiers Kwh toujours prévue en 2016.
Par ailleurs, par rapport à la précédente révision remontant à juillet 2011, l'électricien français estime que «des étapes importantes ont été franchies sur l’EPR de Flamanville avec la réalisation de 93% du génie civil et 36% des montages électromécaniques ainsi que la mise en eau du canal d’amenée de la station de pompage début novembre 2012».
Le directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, a assuré que cette révision n’affecterait pas les objectifs financiers d’EDF après 2012. Il a également indiqué s’attendre à ce que l’italien Enel, qui détient 12,5% du projet, exerce son droit de sortie. Il s’est également voulu rassurant sur les perspectives de développement outre-Manche, alors que la presse s’est faite l'écho ce week-end des craintes de Centrica, le partenaire d’EDF dans le pays, face au dérapage financier de l’aventure de l’EPR.
Plus d'articles du même thème
-
Mubadala envisage d’investir dans le fonds de son responsable du capital-risque
Ce dernier s’apprête à quitter l'entreprise l’année prochaine pour lever son propre fonds -
KKR signe sa première opération de continuation dans le crédit privé
Le gérant américain a structuré un véhicule de plus de 460 millions de dollars, avec AllianzGI comme investisseur principal, afin de transférer des actifs issus de son fonds de direct lending KKR Lending Partners III. -
PARTENARIATQuand la Chine transforme l'innovation robotique en industrie
La Chine dispose de plusieurs atouts pour jouer un rôle majeur dans cette nouvelle industrie. Son avantage ne repose plus uniquement sur la fabrication de composants.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Seine colèrePendant les violences, Emmanuel Grégoire met sa police municipale « aux abris »
Alors que la capitale fait face à des violences et des pillages, les 4 000 agents parisiens ont reçu consigne de rester cloîtrés dans leurs locaux lors des manifestations -
Ce qu’il faut savoir sur la cyberattaque dont a été victime la plateforme de cryptomonnaie Binance
Le géant mondial des monnaies virtuelles promet de combler sur ses fonds propres un braquage informatique sans précédent estimé à plus de six milliards de dollars -
Soupçons de détournement de fonds publics au Havre : pourquoi Edouard Philippe a été placé sous le statut de témoin assisté
Entendu ce jeudi dans l’enquête visant l’agglomération du Havre, le candidat Horizons a été placé sous le statut de témoin assisté. Il échappe ainsi à une mise en examen, mais cela ne constitue pas un non-lieu pour autant