La facture de la sortie de Kem One s’alourdit pour Arkema

Avec la provision de 125 millions d’euros au premier trimestre, la charge du transfert des activités vinyliques atteint près de 800 millions d’euros
Olivier Pinaud

La sortie mi-2012 d’Arkema du marché de la chimie vinylique coûte bien plus cher que prévu au groupe français. A la suite de l’ouverture le 27 mars de la procédure de redressement judiciaire de Kem One, la société qui regroupe ses anciens actifs vinyliques, Arkema passera une provision de 125 millions d’euros dans ses comptes du premier trimestre 2013, correspondant à l’intégralité de son exposition financière.

Celle-ci se décompose entre 65 millions d’euros de créances et 60 millions d’euros de garanties en faveur de tiers non exercées à fin 2012. Au cours des trois premiers mois de 2012, Arkema avait dégagé un bénéfice net de 123 millions d’euros. La provision risque donc, à données comparables, de réduire à néant le bénéfice trimestriel du groupe.

En plus de cette provision, le groupe de chimie contribuera à financer la période d’observation de six mois de Kem One. Au total, Arkema va débloquer 68,7 millions d’euros, dont 38,7 millions de garanties. Les 30 millions restants correspondent aux ajustements contractuels du prix de cession, somme qui a été provisionnée dans les comptes de 2012, précise la société.

Ces sommes s’ajoutent aux charges supportées par le groupe de chimie en 2012 lors du transfert définitif de son activité au groupe Klesch. Cette opération s’était soldée par une charge exceptionnelle de 470 millions d’euros en 2011, avec un impact négatif d’environ 100 millions sur la trésorerie. En 2012, ces activités en cours de transfert avaient entraîné une charge supplémentaire de 200 millions d’euros, intégrant le résultat net négatif de 73 millions d’euros de l’activité vinylique réalisé au premier semestre. Au total, sans tenir compte des pertes de la division, les charges exceptionnelles et les provisions résultant de la sortie de ce métier s’élèvent à près de 800 millions d’euros pour Arkema.

Coûteuse, cette opération visait à s’extraire d’un marché fortement concurrentiel et à faible marge. Le redressement judiciaire de Kem One illustre les difficultés de cette activité, même si des doutes ont été émis sur la gestion de la société par le groupe Klesch, en litige ouvert avec Arkema. Klesch réclame devant la justice arbitrale 310 millions d’euros de dédommagements notamment pour informations trompeuses. Le groupe français se dit serein dans sa capacité à démontrer l’absence de fondement de ces accusations.

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