La division de droits sportifs de Lagardère ne tient pas ses promesses
Encore présenté en début d’année par Arnaud Lagardère comme le premier vecteur de croissance du groupe, le pôle de gestion de droits sportifs et de divertissement est finalement devenu son principal point noir. Le gérant commandité a reconnu hier lors de l’annonce du chiffre d’affaires du troisième trimestre (1,98 milliard d’euros, en hausse de 1,3%) que cette activité pourrait terminer l’exercice dans le rouge, très loin des 70 millions d’euros de bénéfices attendus par le marché en début d’année. Lagardère Unlimited a été contrainte de revoir en baisse la valeur de certains de ses contrats et a subi des litiges, notamment en Inde sur le cricket.
«Je suis d’accord que la situation aujourd’hui est mauvaise. Nous sommes très déçus», a reconnu Arnaud Lagardère, tout en disant maintenir ses ambitions pour la division dans laquelle plus d’un milliard d’euros a déjà été investi. Toutefois, les projets d’acquisitions ont été gelés, le temps de mener à bien la restructuration d’une division qui a déjà coûté au groupe une perte avant charges financières de 96 millions d’euros en 2010.
La direction promet une amélioration en 2012, mais les investisseurs commencent à perdre patience. Même s’il s’agit de la plus petite des divisions du groupe, Lagardère Unlimited pèse sur les résultats consolidés. A tel point que Lagardère a dû revoir hier en baisse sa prévision de résultats pour 2011, pour la deuxième fois en trois mois. Il prévoit désormais un recul de 5% à 12% de son résultat opérationnel médias pour 2011, contre un repli attendu entre 5% et 7% fin août. Il y a encore quelques mois, Lagardère annonçait prévoir une hausse de 10% de son résultat opérationnel dans son activité médias en 2011. «Plus on avance dans l’année, plus la guidance est large», s’inquiète un analyste.
Hier, le cours de l’action a chuté de 6,19% à 18,49 euros, renvoyant la capitalisation boursière de Lagardère à 2,4 milliards d’euros. Elle a fondu de 40% depuis le début de l’année. Même la perspective d’une possible distribution de dividende exceptionnel ne retient plus les investisseurs. Seule la cession des participations non stratégiques du groupe (parts dans Marie-Claire, Amaury ou encore Canal+ France) permettrait de financer cette distribution. Mais tous ces dossiers sont aujourd’hui au point mort.
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