La distribution européenne se prépare à une nouvelle année difficile
Une nouvelle année difficile en perspective pour le secteur de la distribution alimentaire. Compte tenu d’une prévision de légère récession en Europe au premier semestre, d’un chômage élevé et des nombreux programmes d’austérité, S&P anticipe une baisse jusqu’à 5% de la croissance organique des ventes des distributeurs européens en 2012. Un élément qui va accentuer le profil de risque de ces entreprises, qui pourraient alors voir leur note dégradée.
D’autant que les groupes qui ont réussi à accroitre leurs ventes au quatrième trimestre 2011 sur leur marché domestique l’ont généralement fait à travers une politique de rabais, qui, «si elle persiste, pourrait sensiblement éroder la rentabilité des distributeurs», note S&P. Toutefois, «la récente baisse des prix des matières premières pourrait offrir un répit, en réduisant les coûts d’achats des entreprises», ajoute l’agence de notation.
Dans ce contexte, les opérateurs présents en Europe du Sud et au Royaume-Uni devraient être les plus touchés, mais aussi les acteurs présents dans le commerce électronique et l’habillement pourraient connaître les plus lourdes chutes des ventes. En revanche, les groupes les plus exposés à l’alimentaire semblent bien positionnés pour surperformer avec l’aide de l’inflation au premier semestre 2012, explique HSBC.
Les distributeurs présents dans les émergents ont également les faveurs du marché, notamment Tesco et Casino avec respectivement 34% et 48% de leurs ventes réalisées hors de leur marché domestique, tandis que chacun affiche plus de 10% de croissance organique dans leurs marchés étrangers. HSBC mise sur le britannique Morrison, pour sa forte exposition à l’alimentaire et ses initiatives en termes de vente; sur Casino pour le poids des marchés émergents, en particulier le Brésil; et sur Dia, scindé de Carrefour, comme une histoire de restructuration avec une amélioration des marges qui ne s’appuie pas sur la croissance des ventes.
A contrario, HSBC sous-pondère Ahold en raison d’un environnement américain qui devrait rester soutenu par les politiques de promotions, et de la consolidation du marché néerlandais qui pourrait engendrer une pression sur les marges. Pour sa part, Natixis joue la carte des Etats-Unis par rapport à l’Europe en pariant sur l’appréciation du dollar, privilégiant ainsi Ahold par rapport à Delhaize «compte tenu d’une matrice géographique et concurrentielle plus favorable».
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