La dette de la SNCF charge la barque des comptes publics
Ce sera bien 35 milliards d’euros. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a confirmé vendredi que l’Etat reprendrait la dette de SNCF Réseau à hauteur de ce montant, après avoir reçu les organisations syndicales à tour de rôle à Matignon. L’opération délestage s’effectuera en deux temps, avec une première reprise de 25 milliards d’euros en 2020, date de la transformation de l’établissement en société anonyme, suivie d’une seconde en 2022. Un mal nécessaire pour assurer la pérennité de SNCF Réseau, qui affiche 47 milliards de dette au compteur, alors que SNCF Mobilités en compte près de 8 milliards.
Cette opération sera assortie d’une «règle d’or», introduite dans le projet de loi de réforme ferroviaire qui vient en discussion au Sénat à partir du 29 mai. SNCF Réseau ne pourra «plus désormais s’endetter sans que le gouvernement prenne des mesures crédibles de rétablissement», a précisé le Premier ministre. Grâce à la réforme et à la reprise de l’essentiel du fardeau financier, le retour à l’équilibre est prévu pour 2022. Le plan s’accompagnera d’une hausse des investissements de l’Etat de 200 millions d’euros par an, pour un total de 3,8 milliards d’euros annuels.
Pas d’impôt SNCF
La reprise annoncée vendredi représente près de 1,5 point de produit intérieur brut, dont un peu plus d’un point en 2020. «La dette viendra s’ajouter à la dette publique de l’Etat et sera remboursée au même rythme que la dette publique de l’Etat. [...] Il n’y aura pas d’impôt SNCF, ce sera bien une charge supplémentaire pour le contribuable», a précisé le Premier ministre lors d’une conférence de presse avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Mais à la suite d’une décision d’Eurostat, près de 11 milliards d’euros de dette du groupe SNCF ont déjà été réintégrés en 2014 à celle de l’Etat: l’impact sur la dette ne serait donc que d’un point.
La reprise de dette aurait en théorie un deuxième impact sur le déficit budgétaire, que la France espère ramener à 2,3% du PIB cette année et même à -0,9% en 2020. Mais Bercy espère convaincre l’Insee et Eurostat de ne pas traiter ce reclassement exceptionnel comme une dépense, pour qu’il affecte seulement la dette et non le déficit.
Plus d'articles du même thème
-
AirBaltic se place sous le régime de la loi américaine contre les faillites
La compagnie contrôlée par l’Etat letton espère redresser plus facilement sa situation financière après avoir obtenu la promesse d’un financement de 350 millions d’euros. -
Alstom remporte un nouveau gros contrat
Le groupe a gagné une commande de 1,2 milliard d'euros pour fournir des trains à batteries à l'opérateur britannique TransPennine Express. -
Alstom profite d'un grand contrat au Canada
L'équipementier ferroviaire a remporté une commande de trois milliards d'euros portant sur 313 nouvelles voitures de passagers pour VIA Rail Canada. Son action grimpe en Bourse.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Pourquoi Emmanuel Macron annonce l'envoi de soldats français en Arabie saoudite
Le président de la République a annoncé jeudi soir l'envoi de « moyens militaires » en Arabie saoudite, espérant contribuer à la stabilisation des marchés pétroliers affolés par la guerre au Moyen-Orient -
AlerteEmmanuel Macron renouvelle ses mises en garde contre la Russie
Le chef de l'Etat a tenté de faire la pédagogie de son action pour faire baisser les prix des carburants et assurer la sécurité du pays face au bellicisme russe -
EditorialMacron aux 20 heures : expliquer, c'est aussi inquiéter
Il y a près de seize mois qu’Emmanuel Macron n’était pas intervenu à la télévision, en ouverture des 20 heures de TF1 et France 2. Et ce n’est pas un hasard si le chef de l’Etat a choisi ce format XXL pour s’exprimer : les Français sont entrés très tôt, très vite, très fort dans la campagne électorale, joute dont Emmanuel Macron, pourtant constitutionnellement inéligible, ne veut pas être exclu. Le risque pour lui serait en effet que, déjà proche des pires scores de popularité décrochés par François Hollande à la fin de son unique mandat, il devienne le punching ball de tous les candidats, à la fois pour son bilan et pour sa responsabilité dans l’état de dénuement budgétaire et financier dans lequel se retrouve le pays en pleine crise de l’énergie.