La détérioration du profil de risque de Faiveley devrait durer au moins deux ans
En faisant chuter vendredi de 10% à 55,9 euros l’action Faiveley, les investisseurs ont fortement sanctionné l’avertissement lancé la veille par l’équipementier ferroviaire sur son exercice finissant le 31 mars prochain. Ils ont été d’autant plus sensibles à cette annonce que le groupe avait confirmé fin janvier ses perspectives annuelles, après les avoir révisées une première fois à la baisse en novembre 2013. Afin de diversifier son profil de dette et d’en allonger la maturité, il avait par ailleurs réalisé début mars un financement par «Schuldschein» d’un montant total de 130 millions d’euros, largement sursouscrit.
L’accentuation, au cours des deux derniers mois, des décalages de livraison de certains grands projets, accompagnée de surcoûts liés à la mise au point de nouvelles plates-formes, conduisent désormais Faiveley à anticiper une stagnation de son chiffre d’affaires, contre une croissance inférieure à 3% auparavant attendue. La marge opérationnelle sera de son côté comprise «entre 9% et 10%», alors qu’il tablait précédemment sur un léger repli par rapport aux 11,4% de l’exercice 2012-2013. Enfin, le groupe indique que la hausse des stocks sur le trimestre en cours contribuera à une dégradation du besoin en fonds de roulement.
Ces décalages de projets, qui concernent l’Europe, mais aussi l’Inde ou la Chine, représentent un manque à gagner de 30 millions d’euros, soit environ 4% du chiffre d’affaires. Ils proviennent «de difficultés d’homologation nécessitant des coûts d’ingénierie et de documentation plus élevés dans l’ensemble de la chaîne de production», relèvent les analystes de Natixis, en tablant sur un redressement des volumes et une amélioration du mix-produit dans un délai de 3 à 4 ans.
Alors que le groupe confesse une faible visibilité sur un quelconque rattrapage au cours des prochains mois, le courtier Gilbert Dupont estime que le risque de nouveaux décalages ou de nouvelles provisions pour pertes est loin d’être nul «pour au moins deux exercices», eu égard au fait que 8 des 12 projets actuels «présentent un avancement de moins de 30%». Cette hausse du risque opérationnel est liée à la nécessité de développer et de livrer les nouvelles plates-formes dans des délais de plus en plus courts.
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