La dépendance d’EADS à Airbus pourrait peser sur ses résultats futurs

Le groupe pense brûler 1,5 milliard d’euros cette année, alors qu’il espérait auparavant atteindre un cash flow libre à l’équilibre
Bruno de Roulhac

EADS brûlera plus de cash que prévu cette année. Le groupe européen d’aérospatial et de défense vise désormais un cash flow libre négatif de 1,5 milliard d’euros (-4,8 milliards sur les neuf premiers mois de l’année), alors qu’il espérait jusqu’ici être à l’équilibre. Le consensus misait sur 200 millions de cash flow libre.

EADS invoque les investissements (déjà 2,1 milliards d’euros sur neuf mois) nécessaires à la montée en puissance de production et au développement des programmes, ainsi que les récentes contraintes budgétaires gouvernementales. Pourtant, «nous pensons que l’essentiel est plutôt lié à un décalage dans le temps de l’encaissement que d’une véritable disparition de cash», note Oddo.

L’avionneur a d’ailleurs relevé ses objectifs 2013 de commandes brutes d’avions commerciaux de 1.000 à plus de 1.200, et de livraisons d’appareils de 605 à 620. Néanmoins, aucune commande du très gros porteur A380 n’a été passé cette année. Le groupe compte parvenir à l’équilibre financier de ce programme en 2015 sur la base de 30 livraisons, mais ce ne sera pas «un désastre financier» si l’objectif n’était pas atteint, a expliqué le directeur financier, Harald Wilhem.

En attendant, «les résultats d’EADS restent beaucoup trop dépendants d’Airbus Commercial, alors que nous approchons, selon nous, du haut de cycle dans l’aéronautique civile», prévient CM-CIC. Sur les neuf premiers mois de l’exercice, Airbus Commercial a pesé pour 69% du chiffre d’affaires d’EADS et 71% de son résultat d’exploitation (Ebit). En outre «le développement de l’A350 XWB demeure ‘challenging’ et continue de faire peser un risque sur les résultats futurs du groupe», ajoute CM-CIC.

D’ailleurs, Tom Enders, président exécutif d’EADS rappelle lui-même que le programme A350 «est maintenant entré dans une phase critique». Sa mise en service est attendue au second semestre 2014. Aussi, CM-CIC a confirmé son objectif de cours de 34 euros, alors qu’Oddo vise les 68 euros. Hier, l’action clôturait en hausse de 1,89% à 52,74 euros.

EADS, qui deviendra Airbus Group le 1er janvier 2014, a confirmé son objectif de 3,5 milliards d’euros de résultat d’exploitation hors exceptionnels. Par ailleurs,Tom Enders prévient qu’une «évaluation de l’éventualité de coûts non récurrents potentiels» liée à la création de la division Airbus Defence and Space aura lieu au quatrième trimestre. Un point sera fait avant la fin de l’année.

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