La crise en Ukraine frappe Carlsberg de plein fouet

Le brasseur réduit une nouvelle fois ses prévisions en raison d’une dégradation accrue du marché russe. Il y réalise un tiers de ses bénéfices
La Rédaction

La crise en Ukraine et ses conséquences économiques en Russie font de nouvelles victimes. Après Henkel ou bien encore Adidas, Carlsberg et dans une moindre mesure Heineken se sont plaints hier d’une dégradation accrue du marché russe. Numéro un dans le pays avec 37% de parts de marché, le danois Carlsberg a prévenu que son bénéfice d’exploitation devrait plier de 5% cette année en raison de la dégradation de l’activité en Europe de l’Est. Il anticipait auparavant une croissance du même ordre.

Très présent dans l’ancienne Union soviétique avec sa marque Baltika, Carlsberg s’attend à voir ses ventes sur le seul marché russe baisser de 5 à 10% cette année, après un repli de 6% à 7% au premier semestre. Le groupe réalise 35% de son bénéfice d’exploitation en Russie. «Pour limiter les risques autant que possible, plusieurs changements ont été et seront opérés dans nos activités en Europe de l’Est, y compris des changements structurels qui pourraient nous amener à envisager des fermetures de brasseries», explique Carlsberg. Une solution que le groupe danois avait jusqu’à présent toujours refusée, même si ses 10 brasseries russes ne tournaient qu’à 70% de leurs capacités depuis plusieurs mois.

Les difficultés du marché russe ne sont pas nouvelles, la crise ukrainienne ne fait que les exacerber. Carlsberg avait déjà abaissé ses prévisions annuelles en mai dernier en raison de la baisse du rouble et d’un environnement réglementaire et fiscal moins favorable. En 2013, le marché de la bière en Russie a déjà baissé de 8%. Il a chuté de 25% depuis 2008, alors que le gouvernement a par exemple interdit la consommation de bière dans les parcs pour tenter de lutter contre l’alcoolisme.

Moins touché que son concurrent danois par la baisse de la consommation en Russie, où il n’est que le numéro quatre du marché, Heineken a néanmoins reconnu hier s’attendre à un ralentissement de la croissance du chiffre d’affaires par hectolitres vendus dans cette région. Sa plus grande diversification géographique et le plan d’économies en cours devrait lui permettre de compenser ces effets négatifs. Le groupe néerlandais s’attend à améliorer de 40 points de base sa marge opérationnelle cette année.

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