La crise égyptienne et la concurrence dans les émergents pèsent sur Lafarge

Les arrêts de production en Egypte ont coûté 30 millions de résultat d’exploitation trimestriel. Le goupe abaisse sa prévision de demande de ciment
Bruno de Roulhac

Début d’année difficile pour Lafarge. Son résultat d’exploitation courant recule de 5% (et de 12% en comparable) au premier trimestre, à 224 millions d’euros, alors que le consensus misait sur une progression de 5%. Cette déception s’explique par l’arrêt de la production et des ventes pendant quelques jours lors de la crise égyptienne, qui a pesé à hauteur de 30 millions d’euros sur cet indicateur. Toutefois, «la situation est désormais normalisée», assure Bruno Lafont, le PDG de Lafarge. Aussi, la marge opérationnelle abandonne près d’un point à 6,3%, tandis que le résultat net tombe dans le rouge de 64 à -29 millions d’euros.

«Clairement, le premier trimestre reste marqué par l’effet de pincement de marge, lié au phénomène de décalage de l’application des hausses de prix qui ne débute qu’au 1er avril», relève CM-CIC. Mais, «dans l’ensemble, les prix devraient augmenter sur l’année dans un contexte d’inflation plus soutenue», rappelle Lafarge, tout en relevant ses prévisions de hausse des coûts de l’énergie à +10%, au lieu de +8% annoncés en février.

De plus, si le cimentier mise toujours sur une reprise de la demande globale de ciment, il ne table plus que sur une croissance de 2 à 5% du marché cette année, contre une fourchette de 3 à 6% annoncée en février dernier. Natixis table sur une hausse de 4%. Un abaissement qui s’explique par la révision sur la zone Afrique Moyen Orient de 3 à 6%, contre 4 à 7% auparavant, où la concurrence est forte. «Nous continuons toutefois de penser que les prévisions du groupe sont un peu ambitieuses dans cette zone», note Aurel BGC.

En attendant, le chiffre d’affaires du premier trimestre a rebondi de 9% (4% en organique) à 3,6 milliards d’euros. Et «la progression des volumes est essentielle», rappelle Bruno Lafont. Aussi, Lafarge reste confiant et confirme ses objectifs 2011, à savoir une croissance de ses résultats, une réduction de ses coûts structurels à hauteur de 200 millions et de sa dette de plus de deux milliards d’euros (de 14,2 milliards fin mars). Notamment grâce au programme de cessions d’au moins 750 millions cette année (11 millions au premier trimestre). En revanche, le cimentier s’est refusé une nouvelle fois à commenter les rumeurs de vente de sa branche Plâtre, valorisée par les analystes entre 1 et 1,5 milliard d’euros.

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