La course à la tête de Suez entre dans sa dernière ligne droite
Le suspense monte dans les couloirs du siège de Suez à la Défense. Le comité des nominations choisira dans quelques semaines le remplaçant de Jean-Louis Chaussade, directeur général du groupe d’eau et de traitement des déchets depuis dix ans, bientôt atteint par la limite d’âge statutaire. Ce changement de directeur général s’accompagnera de la nomination d’un nouveau président du conseil, Gérard Mestrallet étant également atteint par la limite d’âge lors de l’assemblée générale du printemps 2018.
Sur les cinq directeurs généraux adjoints lancés dans la course au poste de Jean-Louis Chaussade, deux se sont détachés à l’issue des auditions menées cet été, indique à L’Agefi une source proche : Bertrand Camus et Marie-Ange Debon. Mais Jean-Marc Boursier, directeur général adjoint en charges des finances, qui vient de présenter de bons trimestriels, et Philippe Maillard, DGA de Suez France, font encore figure d’outsiders potentiels, ajoute cette source. En revanche, Jean-Yves Larrouturou serait distancé. Des candidatures externes ne sont pas exclues. Le nom de Jérôme Pécresse, directeur général de GE Renewable Energy, est évoqué.
Initié avant l’été par Gérard Mestrallet, le processus de nomination a depuis été repris en main par Jean-Pierre Clamadieu, le nouveau président d’Engie. Le groupe d’énergie est l’actionnaire de référence de Suez avec 32% du capital. Le choix du tandem président-directeur général dépend en effet des projets stratégiques d’Engie pour sa participation au capital de Suez, valorisée 2,6 milliards d’euros aux cours actuels. Si le groupe d’énergie souhaite conserver son influence, il voudra nécessairement nommer un président à sa main.
Se pose du coup la question de l’avenir de Jean-Louis Chaussade. Sa promotion à la présidence n’est pas acquise à ce stade, explique une source. La constitution d’une paire de dirigeants composée uniquement de personnes ayant fait leur carrière chez Suez n’apporterait pas la régénération souhaitée de la gouvernance. En outre, les relations de Jean-Louis Chaussade avec Isabelle Kocher, la directrice générale d’Engie et administratrice de Suez, ne sont pas non réputées pour leur caractère chaleureux.
La décision définitive doit intervenir d’ici février, avant la publication des résultats annuels d’Engie, les premiers depuis la nomination de Jean-Pierre Clamadieu à la présidence du groupe.
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