La conversion de ses «Oceane» appuierait le plan stratégique d’Altran

L’opération le rapprocherait d’une trésorerie nette positive. De quoi lui permettre de financer d’autres acquisitions après celle d’IndustrieHansa
Olivier Pinaud

Philippe Salle avait fait du renforcement en Allemagne l’une de ses priorités lors de son accession mi-2011 à la tête d’Altran. Le groupe d’ingénierie et de conseil en R&D a conclu en fin de semaine dernière l’acquisition de la société allemande IndustrieHansa pour un montant non divulgué auprès du fonds de private equity Findos.

Elle devrait avoir généré en 2012 un chiffre d’affaires de 155 millions d’euros avec une marge d’exploitation estimée à 10% par les analystes de Kepler. Grâce à cette opération, Altran réalisera 250 millions d’euros de chiffre d’affaires outre-Rhin, principalement auprès des grands industriels de l’automobile, de l’aéronautique ou de l’énergie, et entrera ainsi parmi les cinq premiers prestataires de services d’ingénierie dans le pays. Altran était conseillé par BNP Paribas et Yelowa Management.

CM-CIC évalue le multiple d’acquisition à environ 8 fois le résultat d’exploitation, soit un prix compris entre 100 et 120 millions d’euros. L’acquisition sera financée par un crédit bancaire. Après cette opération, le ratio de dette nette sur fonds propres de la société devrait rester autour du seuil de 50%. Selon Kepler, la génération de cash-flow disponible en 2013, estimée à 75 millions d’euros avec la contribution d’IndustrieHansa, permettra de ramener la dette sous les 200 millions d’euros fin 2013.

Le groupe pourrait même se rapprocher d’une situation de trésorerie nette positive en cas de conversion de l’Oceane 2015 qui rapporterait 132 millions d’euros, avec une dilution sur le bénéfice par action estimée à 6,5% par Gilbert Dupont. Les Oceane peuvent être converties à partir du 15 janvier 2013 à condition que le cours de l’action Altran dépasse 5,7 euros en moyenne sur une période de 20 jours de Bourse consécutifs. Lundi, il a terminé à 5,62 euros, après avoir doublé depuis le début de l’année.

D’autres opérations devraient suivre, le plan stratégique d’Altran prévoyant entre 200 et 300 millions d’euros de chiffre d’affaires acquis d’ici à 2015. «Nous avons toujours des discussions avec trois cibles, une au Royaume-Uni, une dans nos solutions PLM (gestion du cycle de vie du produit) et une en Inde», a indiqué Philippe Salle, dont l’objectif est de porter à l’horizon 2015 le chiffre d’affaires d’Altran au-dessus des 2 milliards d’euros, contre un peu moins de 1,5 milliard attendu en 2012.

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