La concurrence effrénée dans les smartphones touche tous les fabricants de mobiles
Après Apple attaqué en Bourse à l’automne dernier, c’est au tour de Samsung de faire l’objet du scepticisme grandissant des investisseurs. En dépit de la prudence des analystes qui avaient révisé en baisse leurs prévisions pour les résultats du groupe sud-coréen, celui-ci a pré-annoncé au titre du deuxième trimestre un chiffre d’affaires et un bénéfice d’exploitation équivalents à 49,8 milliards et 8,3 milliards de dollars. Si ces montant reflètent une hausse respective de 47% et 19,8% en rythme annuel, ils ressortent inférieurs de 3% et 5% au consensus.
Près des trois quart des revenus et des bénéfices du groupe proviennent des terminaux mobiles, un marché qui souffre d’une agressivité commerciale accrue de groupes chinois (ZTE, Huawei). «La demande en smartphones haut de gamme, à prix élevé, accuse une croissance ralentie, ce qui pèse sur la marge bénéficiaire de Samsung», relève Lee Seung-Woo, analyste chez IBK Investment and Securities. Pour défendre ses parts de marché, le fabricant va commercialiser une version «mini» de son produit-phare le Galaxy S4. Depuis le début de l’année, l’action a chuté de 17% à Séoul, à comparer à une baisse de 8,2% pour l’indice de référence Kospi.
Autre source d’inquiétude pour le secteur, le groupe taïwanais HTC a également publié vendredi un bénéfice net trimestriel en chute de 83% d’une année sur l’autre à 42 millions de dollars, malgré le succès de son appareil HTC One lancé courant avril. Son chiffre d’affaires, également inférieur aux attentes, a reculé de 23% à 2,35 milliards de dollars à fin juin. Le repli de son cours de Bourse atteint 32% depuis le 1er janvier, contre une hausse de 3,9% pour l’indice local Taiex.
Quant à l’ex-leader mondial, Nokia, qui s’efforce d’élargir sa gamme de smartphones compatibles avec les nouveaux réseaux 4G, sa note de crédit s’enfonce toujours plus en catégorie spéculative, après avoir été dégradée d’un cran par Standard & Poor’s qui a assorti sa nouvelle note B+ d’une perspective stable. Si l’agence table sur «une nette réduction des sorties de cash et une amélioration graduelle des parts de marché» du groupe finlandais, elle estime que le rachat de la part de Siemens dans leur coentreprise d’équipements mobiles pourrait faire tomber la trésorerie nette de Nokia «à 1,3 milliard d’euros en fin d’année», contre 4,5 milliards au 31 mars dernier.
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