La Commission européenne tente de ménager la chèvre et le chou sur le Green Deal
La Commission européenne (CE) a présenté hier à Strasbourg le plan d’investissement relatif au Green Deal visant 1.000 milliards d’euros d’investissement sur dix ans pour atteindre la neutralité climatique du continent en 2050. «Avec le Green Deal, nous voulons transformer les besoins en opportunités d’investissements», a lancé la présidente Ursula von der Leyen. De fait, le plan repose sur le soutien espéré du secteur privé et des Etats membres. La CE entend ainsi mobiliser 279 milliards via le programme InvestEU visant à favoriser les cofinancements de projets grâce à une garantie des investissements nationaux et privés.
La CE table aussi sur 114 milliards de contributions nationales mobilisés à travers les fonds structurels. Bruxelles compte par ailleurs sur le budget européen, mais sans s’écarter de sa proposition de cadre financier pluriannuel (CFP). La CE souhaite en effet essentiellement se servir dans les fonds structurels (PAC, cohésion, transports, etc.), s’appuyer sur la Banque européenne d’investissement (BEI), et orienter au moins un quart du budget européen vers des activités vertes pour dégager 528 milliards d’euros sur dix ans.
La seule vraie nouveauté du plan présenté par la CE est la création d’un mécanisme de transition équitable visant à convaincre les Etats membres les plus en retard sur la transition écologique et en particulier la Pologne qui a refusé le mois dernier l’objectif de neutralité climatique 2050.
Reposant principalement sur un nouveau fonds doté de 7,5 milliards d’euro d’«argent frais», ce programme se focalisera sur les régions européennes les plus touchées par la transition. L’objectif est de soutenir le développement de nouvelles technologies et la formation des populations dont l’emploi est lié aux énergies fossiles. Par le jeu des cofinancements, la mobilisation des fonds de cohésion et le concours de la BEI, Bruxelles espère mobiliser 114 milliards d’euros d’ici 2030.
Le compte est bon, et la manière de faire convainc les principaux groupes politiques du Parlement européen, à l’exception des Verts, qui ont fustigé les «tours de passe-passe budgétaires» de la CE tout en admettant que le plan constituait un «bon point de départ». Ces propositions seront intégrées aux négociations du CFP 2021-2027 entre les trois institutions. Un accord est espéré au printemps.
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