Bruxelles vante son «green deal» européen
La nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dévoilé mercredi, devant une session plénière extraordinaire du Parlement européen, son «Pacte vert», une feuille de route vers la neutralité climatique, destinée à devenir la «nouvelle stratégie de croissance» de l’UE. Elle a donné le coup d’envoi d’un vaste programme destiné à combattre le changement climatique, comparant ce moment dans l’histoire de l’UE à celui du lancement de la conquête de la Lune par les Etats-Unis. Ce même jour, la jeune militante écologiste Greta Thunberg a été nommée, à 16 ans, personnalité de l’année 2019 par Time Magazine. L’adolescente suédoise apostrophe depuis des mois les dirigeants mondiaux pour réclamer des mesures urgentes de lutte contre le réchauffement climatique.
Ce Green deal est la première proposition majeure du bureau de Ursula von der Leyen, depuis son entrée en fonction le 1er décembre. L’enjeu est de ne plus émettre gaz à effet de serre au-delà de ce qui peut être absorbé d’ici 2050. La Commission européenne va proposer en mars 2020 de nouvelles lois pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050, et proposera d’ici mi-2020 des cibles plus ambitieuses pour réduire les émissions de gaz d’ici 2030, pour passer de la cible actuelle - de 40% de réduction de gaz à effet de serre - à «au moins» 50%. Sa proposition va nourrir les discussions, jeudi, parmi les dirigeants des Etats membres, lors d’un sommet européen. «Le ‘Green deal’ européen est très ambitieux, mais il faudra être très prudent pour évaluer chaque étape», a-t-elle déclaré à la presse. Mais la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ont déjà fait part de leurs réserves sur le projet de décision, selon des diplomates et des documents cités par Reuters.
La Commission veut mobiliser l'équivalent de 100 milliards d’euros en investissements pour aider les économies du bloc à payer pour la transition hors des énergies fossiles.
Pour que les autres pays suivent le mouvement, une taxe carbone aux frontières pourrait être instaurée, pour l’essentiel des taxes sur des biens de consommation polluants importés. Reste que l’ambition environnementale de la nouvelle cheffe de l’exécutif européen sera très dépendante de l’argent que l’UE sera prête à y consacrer. Les négociations commencent à peine à entrer dans le dur sur le budget pour la période 2021-2027.
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