La Chine redéfinit sa stratégie sur le marché du minerai de fer
La Chine prépare son offensive sur le fer. Trop dépendant des principaux fournisseurs étrangers, le pays estime également payer trop cher la matière première indispensable à son développement urbain. En effet, tandis que ses importations de minerai de fer au premier semestre 2011 ont atteint les 334 millions de tonnes, soit +8% par rapport à 2010, les coûts eux se sont envolés.
Selon la Cisa, l’association chinoise du fer et de l’acier, cette situation minimiserait excessivement les marges des aciéristes chinois. Le prix moyen des produits sortis des aciéries entre janvier et mai 2011 aurait ainsi augmenté de 14,8% par rapport à 2010, alors que le prix du minerai de fer importé augmentait lui de 47,8%, autour de 180 dollars la tonne. Du point de vue chinois cette anomalie s’expliquerait par le quasi monopole exercé par les trois grands du secteur minier que sont Vale, Rio Tinto et BHP Billiton. L’année dernière 79,7% du minerai de fer importé en Chine provenait d’Australie, du Brésil et d’Inde.
Afin de remettre en cause cette domination, Li Xinchuang, le vice-secrétaire général de la Cisa, vient d’annoncer que d’ici à dix ans la Chine devrait s’assurer que 50% de ses importations de minerai de fer soient contractées auprès de mines à capitaux chinois. Contre 10% aujourd’hui selon le dirigeant. La Chine aurait déjà accumulé via ses investissements à l’étranger une capacité de production de 150 millions de tonnes par an, mais en 2010 ceux-ci n’auraient permis l’importation que de 60 millions de tonnes.
Pour faire bouger les lignes la Cisa aurait également mis au point un indice de prix qui pourrait être officialisé dès aujourd’hui lors de la réunion annuelle de l’association. Selon Li Xinchuang, ce nouvel indice réparerait une injustice puisque les indices de référence utilisés par les grands groupes miniers ne «reflèteraient pas la réalité du marché» en ne tenant pas compte de la production domestique chinoise et des prix pratiqués en Chine.
Selon un rapport d’HSBC, en juin la production chinoise aurait atteint un record et pourrait représenter 384 millions de tonnes (qualité 63%) en 2011. Elle était de 238 millions de tonnes en 2010. Selon la banque, le seuil de profitabilité s’établissait à 148 dollars la tonne.
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