La Chine manie la carotte et le bâton avec les investisseurs étrangers

Pékin va cesser d’encourager l’investissement étranger dans la production automobile au profit d’autres secteurs jugés plus prometteurs
Antoine Duroyon

Mauvaise nouvelle pour les constructeurs automobiles occidentaux. A compter du 30 janvier prochain, la Chine va supprimer des avantages réservés jusqu’alors aux investisseurs étrangers dans le secteur automobile. General Motors, Honda ou Volkswagen, qui disposent de sites de production dans le pays, pouvaient notamment bénéficier de tarifs douaniers réduits pour l’importation d'équipements industriels. Les investissements étrangers dans des véhicules plus économes en énergie continueront toutefois d'être soutenus, ont précisé la Commission nationale pour le développement et la réforme (CNDR) et le ministère du Commerce.

Pékin justifie cette restriction par la nécessité d’un «développement harmonieux» de la construction automobile chinoise. La croissance du marché a connu un net ralentissement cette année; selon l’association chinoise des constructeurs automobiles, les ventes de véhicules toutes catégories confondues ont progressé de 2,6% sur les onze premiers mois, avec des ventes de véhicules passagers en hausse de 5,3%. En 2010, les ventes de véhicules avaient bondi de 32% pour atteindre le chiffre record de 18,06 millions d’unités. Le premier constructeur automobile chinois, SAIC Motor Corp, a bénéficié de cette annonce. Son titre a gagné 4,1% hier à Shanghai.

Les autorités chinoises campent ainsi sur une ligne dure, moins de deux semaines après avoir mis en place de nouvelles taxes sur les voitures importées des Etats-Unis d’une cylindrée supérieure à 2,5 litres. Pékin explique vouloir lutter contre le dumping et les subventions. Mais dans d’autres secteurs, la Chine adopte a contrario un ton beaucoup plus avenant. Elle dit notamment vouloir encourager les investissements étrangers dans des industries jugées stratégiques et émergentes, telles que la fabrication d'équipements de pointe, les technologies vertes, les nouvelles technologies de l’information ou encore les matériaux avancés. Le gouvernement ne soutiendra toutefois pas les secteurs du silicium polycristallin et de l’industrie chimique du charbon en raison de craintes de surcapacité.

Entre janvier et fin novembre de cette année, la Chine a drainé 103,8 milliards de dollars d’investissements étrangers directs, soit un gain de 13,5% par rapport à l’année précédente, selon l’agence Chine Nouvelle. Dans le même temps, Pékin a approuvé l’installation de plus de 25.000 sociétés à capitaux étrangers (+3,2%).

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