La Chine fait son marché dans la foire aux actifs des sociétés européennes

Trois Gorges a payé 2,693 milliards d’euros, soit une prime de 54 %, pour évincer E.ON dans le rachat des 21,35 % d’EDP mis en vente par Lisbonne
Patrick Aussannaire
Les 21,35% de Energias de Portugal (EDP) raflés par le chinois Trois Gorges. Photo Bloomberg.
Les 21,35% de Energias de Portugal (EDP) raflés par le chinois Trois Gorges. Photo Bloomberg.  - 

Si la Chine ne souhaite pas acheter trop de dette souveraine européenne, elle se montre moins avare concernant les sociétés du Vieux Continent. C’est finalement Trois Gorges qui a réussi à rafler les 21,35% de participation dans la société de services aux collectivités portugaise Energias de Portugal (EDP) mis aux enchères par l’Etat pour réduire son déficit public.

Le groupe chinois a proposé 2,693 milliards d’euros et offert une prime de 54% sur le cours de clôture d’EDP mercredi dernier pour évincer ses concurrents, dont E.ON et le brésilien Centrais Elétricas Brasileiras, et s’ouvrir le marché des énergies renouvelables au Brésil. Le gouvernement portugais s’attend à ce que Trois Gorges investisse 8 milliards d’euros dans le programme de développement d’EDP.

Un investissement dont le président de Trois Gorges, Cao Guangjing, n’est pas peu fier et qui devrait permettre au groupe, selon lui, de «trouver une vitrine de sa supériorité dans l’hydroélectricité, les projets de construction d’énergies propres et la production électrique». Mais l’accord vaut aussi pour les 2 milliards de liquidité que les banques chinoises apporteront à EDP pour se financer jusqu'à fin 2014. D’ailleurs, le secrétaire au Trésor portugais, Maria Luis Albuquerque, a indiqué que ces banques étaient prêtes à assurer le financement d’autres sociétés lusitaniennes. Et les occasions ne manqueront pas au Portugal mais aussi en Espagne où les Etats mettent en vente leurs bijoux de famille pour assurer leur crédibilité budgétaire.

La Chine cherche des points d’entrée sur le marché énergétique brésilien. Sinopec a déjà racheté en novembre 30% de la filiale brésilienne du portugais Galp Energia pour 5,19 milliards de dollars (investissements inclus) après s’être adjugé 40% de la filiale brésilienne de l’espagnol Repsol en 2010 pour 7,1 milliards de dollars.

Et les ambitions chinoises en Europe ne s’arrêtent pas au Brésil puisque cette semaine China Investment Corp (CIC) a finalisé l’acquisition d’une participation minoritaire de 30% dans la filiale GDF Suez Exploration & Production avec 2,3 milliards d’euros d’investissements et de 10% dans l’usine de liquéfaction Atlantic LNG à Trinité-et-Tobago pour 600 millions d’euros. Sans compter que, selon Reuters, CIC, déjà doté de 410 milliards de dollars, s’apprêterait à recevoir un financement additionnel de 50 milliards lui permettant de renforcer ses ambitions en Europe.

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