La Chine cible de plus en plus les groupes d’énergie européens
Sensible politiquement, la décision n’a pas encore été arrêtée. Mais les discussions se poursuivent. Selon le Financial Times, le gouvernement italien envisagerait de céder à des intérêts chinois une partie du capital d’Eni et d’Enel pour contribuer à réduire l’endettement de l’Etat. Alors que plusieurs réunions ont déjà eu lieu, notamment avec le fonds souverain China Investment Corp (CIC), une rencontre pourrait se tenir à Rome d’ici à la fin du mois de septembre entre le ministre des Finances, Giulio Tremonti, et des officiels chinois. Ces derniers seraient plus enclins à investir directement dans les groupes industriels du pays plutôt que d’acheter des bons du Trésor italien.
L’Etat italien contrôle directement et indirectement via la Cassa Depositi e Prestiti (CDP) 30,3% d’Eni. Au cours actuel, sa participation dans le groupe pétrolier est valorisée 16 milliards d’euros. Il détient également 31,2% du capital d’Enel. Une cession lui rapporterait plus de 7,7 milliards d’euros. Le fonds chinois entrerait pour sa part à un moment opportun. Le cours de l’action Eni a perdu 18% en un an, le rendement offert par le dividende frôle les 8% et le groupe capitalise à peine plus de 6 fois sa prévision de bénéfice net pour 2011, soit une décote de l’ordre de 30% par rapport à l’indice Oil&Gas Stoxx 600. Idem pour Enel, dont le titre a chuté de 19% en un an et évolue toujours plus de 50% en dessous de son cours d’introduction en Bourse en 1999.
Si elles sont officialisées, ces entrées au capital ne feraient que confirmer l’appétit de la Chine pour les groupes d’énergie européens. Mi-août, GDF Suez a par exemple conclu un accord avec le fonds CIC pour lui céder 30% du capital de sa filiale d’exploration et de production de gaz. De quoi permettre au groupe français d’encaisser 2,3 milliards d’euros.
China Power International, l’un des cinq plus gros producteurs d’électricité du pays, est pour sa part sur les rangs pour acheter une partie des 25% du capital d’Energias de Portugal (EDP) mis en vente par le gouvernement. Ce bloc vaut actuellement un peu plus de 2 milliards d’euros. En face, les moyens sont considérables. Doté de 200 milliards de dollars à sa constitution en 2007, le fonds CIC gérait 409 milliards en fin d’année 2010, dont 135 milliards encore non investis. 13% de ses fonds sont placés dans des groupes d’énergie, son deuxième domaine de prédilection après la banque (17%).
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